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Publié par Claude LE NOCHER

Yann Tatibouët : Dans le sillage des forbans (Ed.des Montagnes Noires - Coop-Breizh, 2013)

À ses débuts, il y a environ dix ans, Yann Tatibouët a écrit deux romans destinés à un public adulte, des intrigues aussi sombres que réalistes, “Priez pour nous” et “Tenter le diable”. En avril 2013, il a réuni en un seul volume ces premiers titres, un diptyque historique ayant pour décor le Golfe du Morbihan, deux volets d'un roman noir très réussi. Publié aux Éditions des Montagnes Noires, “Dans le sillage des forbans” est diffusé par Coop-Breizh. Un ouvrage à ne pas manquer.

Priez pour nous (partie 1): Le Bono, petit port du Morbihan, novembre 1918. Blessé, Vincent a terminé la guerre un peu plus tôt que tant d'autres. Aujourd'hui, il cherche dans le secteur l'assassin de sa fiancée Anna, un nommé Le Trubard. Sans le vouloir, Vincent sauve de la noyade une jeune femme, Gaëlle. Elle est enceinte d'un homme, dont elle tait l'identité. Vincent devient l'ami de deux vieux pêcheurs, Gwendal et Aristide. Il loge chez Gwendal, tout près de la maison de Gaëlle. Bien que l'idée déplaise à ses proches, Aristide initie Vincent au métier de pêcheur. Il l'embarque sur son forban, bateau traditionnel. Si Vincent y est mal préparé, il se montre portant à la hauteur. Aristide veut profiter de ces sorties dans le Golfe pour repérer son fils Loeiz, déserteur vivant en clandestin. Aucune trace de lui, mais la pêche est fructueuse.

Vincent est assez bien accepté par la population du Bono. La laide Marie Becbras, bienveillante commère, sympathise avec lui. Gaëlle souhaite se marier avec Vincent. Elle lance la rumeur qu'il est le père de son futur bébé. Bien que peu motivé, le jeune homme ne dément pas. En vue du mariage, Gaëlle et Vincent rencontrent le curé. Un pèlerinage de repentance est organisé : nus-pieds, Vincent et le mécréant Aristide (vieil adversaire du curé) se rendent à Sainte-Anne d'Auray. Pour aider Gaëlle, Vincent apprend aussi l'ostréiculture. Néanmoins, il y a toujours de la vengeance dans l'air...

Tenter le diable (partie 2) : Automne 1943. Un chalutier est intercepté alors qu’il se dirigeait vers l’Angleterre. Le nazi Kurt Friedrich et le jeune milicien Erwan Falc’hun mènent l’opération. Dornaour et son équipage sont arrêtés. Le bateau est détruit. Seul son beau-frère, Ar Bir, peut s’échapper. Il a reconnu Erwan, comme eux natif du port du Bono. C’est le fils adoptif de leur ami Vincent, capitaine dans la marine marchande. A son retour chez lui, Ar Bir doit se cacher. Recherché, il se réfugie chez le vieux Gwendal, conteur célèbre dans la région. Erwan le milicien et Friedrich le nazi continuent à persécuter la population locale, menaçant même Jeanne, l’institutrice, qui se met à l’abri chez la sœur d’Ar Bir. Erwan est assassiné dans de mystérieuses circonstances. Son père adoptif revient au Bono.

Vincent ignorait qu’Erwan, dont les origines furent si troubles, était devenu milicien. Il ne s’apitoie pas sur son sort. Il tombe sous le charme de l’institutrice. Celle-ci était déjà courtisée par Dornaour, dont on est sans nouvelle. Vincent et ses amis doivent trouver le moyen de faire passer Ar Bir à l’étranger. Retaper un vieux navire paraît saugrenu, car la surveillance des occupants est constante. Le conteur Gwendal met au point un stratagème, avec la complicité de son ami curé. Vincent et lui dupent Friedrich, mais la traversée est périlleuse sur ce fragile bateau...