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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Alper Canigüz : Une fleur en enfer (Mirobole Éd., 2015)

Alper Canigüz : Une fleur en enfer (Mirobole Éd., 2015)

Istanbul est une métropole de plus de quatorze millions d'habitants. Bien qu'âgé de cinq ans seulement, Alper Kamu figure parmi les plus insolites d'entre eux. Déjà autodidacte, il est dispensé d'école maternelle. Il écrit et il lit couramment, des romans et des ouvrages savants. Ses parents ont engagé une baby-sitter, Hatice Abla, ne manquant pas de charme aux yeux du gamin. Âgée de seize ans, elle vient d'un lointain village. Malgré sa présence, Alper continue à passer du temps dans la rue. En particulier avec ses amis de l'immeuble Güzelyayla, quelque peu plus vieux que lui. Il ne craint plus trop d'y croiser Gazanfer, son ennemi juré, qui séjourne en prison. Alper y fait la connaissance d'Ümit, douze ans, qui habite là avec sa famille depuis peu. Curieuse ambiance chez eux, Alper l'a compris.

Si Ümit ne respire guère la joie de vivre, Alper comprend bientôt que c'est parce que “toute sa famille ressemblait à un paratonnerre de malheurs”. Il y a sa mère, souffrant de tachycardie, perpétuellement en train de geindre sur ses maux. Et puis ses deux sœurs aînées, Dilek et Safinaz, qui n'affichent pas vraiment leurs sentiments. Seul Yusuf, le jeune oncle d'Ümit, apparaît sympathique. Colombophile amateur, il a placé un pigeonnier sur le toit de l'immeuble Güzelyayla, essayant d'entraîner un couple de pigeons, Héra et Zeus. Une réussite relative, il faut l'avouer. Il y a encore l'oncle Abdullah, vague parrain de toute la famille. Et puis aussi, il y avait Mehmet, le frère handicapé d'Ümit. Ce dernier l'a étouffé mortellement, acte qu'il reconnaît et qui lui vaudra, pour le moins, un suivi social.

Dans le même temps, les parents d'Alper sont également confrontés au décès de l'oncle Nebi. Celui-ci vivait pauvrement, ayant rompu quelques années plus tôt avec son épouse, la tante Feriha. On ne peut pas dire qu'elle ait bonne réputation auprès de la mère et du père d'Alper, cette femme-là. En guise d'héritage, Alper récupère la série complète des romans Pardailhan et tout un lot de photos ayant appartenu à l'oncle Nebi. Sur une d'elles, une certaine Adalet, qui semble bien avoir été "la femme de sa vie" du défunt oncle. Alper imagine qu'il existe donc un petit mystère, puisque c'est Feriha que Nebi épousa. Lors d'une soirée alcoolisée au raki entre ses parents et des amis, Alper entend à nouveau parler de cette Adalet. Ce qui n'éclaire pas davantage l'énigme la concernant.

Bien que la version d'Ümit soit claire, Alper ne croit pas que son ami ait tué son frère. Il lui faudrait des preuves pour convaincre Onur Çalışkan, le commissaire de police adjoint. Le policier a de l'estime envers l'art déductif d'Alper (il en fait la preuve encore une fois dans un autre dossier), mais personne ne veut douter de la version des faits. Afin de mieux les connaître, Alper accompagne Ümit et sa famille dans un parc de loisirs. Il frôle la noyade, peut-être poussé par son ami. Tandis que son ennemi Gazanfer est sorti de prison, et que se prépare une rixe guerrière entre ados de deux quartiers stambouliotes (pour une histoire de Düldül), Alper poursuit la mission finalement assez risquée qu'il s'est fixée…

 

Après “L'assassinat d'Hicabi Bey”, c'est avec un franc plaisir que l'on retrouve le petit Alper Kamu pour une deuxième aventure. S'il n'a que cinq ans, il est diablement débrouillard, le bougre ! Entre un père tristounet, une mère dépressive et une baby-sitter inutile, il garde toute son indépendance. Doté de belles capacités intellectuelles, Alper reste un émule de Sherlock Holmes et autres détectives prestigieux. S'il suit les évènements et observe son univers citadin, s'il interroge plus ou moins habilement les protagonistes, des réponses ne lui seront données que tardivement. La vie du quartier ne se résume pas à des énigmes, il a aussi une "vie sociale", Alper. Même s'il n'est pas chaud pour querelles et bagarres.

N'oublions pas d'évoquer les amours, fussent-ils fantasmés, du petit Alper. Il s'éprend de Begüm Gülüm, une belle doctoresse de l'hôpital, qui le soigne : “[Elle] s'est alors esclaffée de si bon coeur que j'eus la certitude que le maléfice lié à nos sorts était désormais rompu, et que si j'avais eu douze ou treize ans de plus, elle eût accepté sur-le-champ ma demande en mariage.” Du côté de la baby-sitter Hatice Abla, elle le traite trop comme un enfant pour cultiver l'espoir : “Je suis resté bouche bée un long moment avant de me rendre compte que je n'avais jamais subi d'affront aussi lourd de ma vie. La femme que j'aimais flirtait sous mes yeux avec un mufle, tandis que je restais assis sur ses genoux, à l'aise comme un pacha !” C'est avec beaucoup d'humour qu'est racontée cette délicieuse nouvelle enquête d'Alper Kamu.

Chaque jour, mes chroniques et mes infos : http://www.action-suspense.com 

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