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Publié par Claude LE NOCHER

Erle Stanley Gardner : L'hirondelle éplorée (Série Noire, 1973)

Ce livre se compose de deux romans courts. Paru aux États-Unis en 1947, “L'hirondelle éplorée” se place effectivement peu après la guerre. Concernant le client qui s'adresse à l'avocat Perry Mason, la secrétaire de celui-ci Della Street en dresse le portrait : “Major Claude L.Winnett, joueur de polo, yachtman, play-boy millionnaire. À la guerre, il renonce à la carrière de play-boy pour devenir aviateur, descend toute une flopée d'avions allemands. Puis il est fait prisonnier. Libéré à l'automne dernier, il est démobilisé à cause de sa blessure et rendu à sa mère, béate d'admiration.” On sait encore de lui qu'il s'est marié voilà quelques semaines. Or son épouse Marcia a disparu, lui laissant un message écrit qui inquiète le major Winnett. En outre, un cambrioleur semble avoir pénétré dans la propriété familiale, régentée par la mère de Winnett, il y a quelques jours.

Perry Mason, Della Street et le détective Paul Drake se rendent au plus tôt à Silver Strand Beach, où se trouve la propriété des Winnett. Outre le jeune couple, y vivent sa mère Victoria Winnett et une infirmière, Hélène Custer. Tandis que Paul Drake cherche la trace du cambrioleur dans les allées cavalières, l'avocat s'intéresse au envahissantes hirondelles nichant dans la Mission voisine de San Juan Capistrano. Daphné Wexford, amie de Victoria Winnett, aime elle aussi observer les oiseaux. L'avocat dégote quelques indices, dont des chiffres fort énigmatiques. Paul Drake repère un suspect âgé de trente-huit ans, Harry Drummond, qui habite dans un proche camp de caravaning. L'épouse de ce dernier est de dix ans sa cadette environ. Perry Mason est habitué à ne guère faire confiance aux divers témoignages souvent mensongers qu'on lui confie. L'affaire ne sera pas simple à dénouer…

 

Le second roman court est intitulé “Pélican sous roche”. Publié initialement en 1942, il ne met pas en scène l'avocat Perry Mason. Le héros en est Lester Leith : “Depuis un certain temps, la police soupçonnait Lester Leith d'être une sorte de super-détective unique en son genre, dont l'esprit astucieux déroulait les fils embrouillés des affaires criminelles. Mais toutes celles auxquelles Lester Leith consacrait son attention avaient le même dénouement très particulier. Quand la police atteignait au but après avoir suivi la piste quelquefois tortueuse, mais toujours nettement mise en évidence par les activités de Lester Leith, elle trouvait invariablement un coupable, quelque peu hébété, dépouillé de son butin mal acquis.” Un émule de Simon Templar, dit Le Saint, en quelque sorte.

La police a introduit chez Lester Leith le nommé Edward H.Beaver, en guise de valet de chambre. Ils espèrent ainsi découvrir les secrets de Leith. Sur Beacon Street, Lester Leith voit devant lui tomber une cape en renard argenté depuis un immeuble voisin. Ce qui crée une certaine animation, sans doute à cause d'une bévue de Fanny Gillmeyer, employée du magasin de fourrures en question. L'agent de police Haggerty, arrivé sur les lieux, n'y a pas compris grand-chose. Intrigué, Lester Leith retourne là-bas peu après. Plutôt qu'au sujet de la boutique, il s'interroge sur l'immeuble d'en face, celui du Rust Commercial Building. Un vol de documents importants y a été commis, au détriment de M.Bellview, qui les avaient pourtant enfermés dans son coffre. Le cas de Bernice Lamen, la secrétaire, mérite l'attention de Lester Leigh. Pendant ce temps, Edward H.Beaver reste en contact avec ses collègues, et essaie de savoir pourquoi Leigh se préoccupe de cette affaire…

 

Erle Stanley Gardner fut peu publié dans la Série Noire (Le témoin en colère, L'hirondelle éplorée, L'envolé). Néanmoins, c'était une valeur sûre de l'édition, ce qui peut expliquer que Gallimard ait "récupéré" ces quelques titres. Dont une enquête de Perry Mason, le célèbre avocat imaginé par l'auteur. L'autre histoire met en scène un aventurier dans la tradition du Saint (de Leslie Charteris), d'Arthur J.Raffles (d'E.W.Hornung), du Baron (d'Anthony Morton) ou de leurs multiples copies. Dans les deux cas, il s'agit de solides énigmes, ponctuées d'autant d'indices que d'hypothèses, racontées avec fluidité. Du polar classique, qui se lit toujours avec un plaisir certain.

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