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Publié par Claude LE NOCHER

G.G.Bomier : Meurtre au feu fouge (Un Mystère, 1961)

Marcel Hardouin est un chef d’entreprise de la banlieue parisienne. “Grand, massif, sanguin, il donnait une impression extraordinaire de puissance que n'atténuait pas, au contraire, des cheveux prématurément blanchis. À quarante-cinq ans, il dirigeait une importante affaire de récupération de métaux, qu'il avait créée.” Cet homme intransigeant n’aime pas être berné. Son comptable, M.Pinson, qui avait détourné un peu d’argent, le comprend à ses dépens, mais s'entête à braver son employeur. Hardouin vit avec sa maîtresse, Marianne, une jolie blonde de vingt-six ans qui fut vaguement comédienne. Leurs rapports sont un peu tendus ces derniers temps, car la jeune femme voudrait se faire épouser. Il semble qu’elle ait une solution de repli, un autre amant – moins riche qu’Hardouin, mais prêt au mariage.

Hardouin possède aussi un passé. Avant guerre, il a été mêlé à une affaire minable, qui lui valut un séjour en prison. Mais il sut ensuite profiter de l’époque troublée pour gagner de l’argent, puis s’établir. Son complice d’alors, Henri Quinsard, ne s’est pas montré aussi avisé. Dans la dèche, il vient voir Marcel Hardouin pour en tirer de l’argent, sous prétexte de taire son passé. Celui-ci réagit négativement, d’abord. Puis il le recontacte afin de lui confier une mission : récupérer les cent millions en billets qu’Hardouin a gagné à la Loterie Nationale. Quinsard remplit sa mission, et remet l'argent à son commanditaire : “Demain, je leur fais passer la frontière. Ni vu, ni connu, le fisc n'en saura rien” conclut Hardouin.

Plus tard, Marcel Hardouin est retrouvé assassiné dans sa Chevrolet. Le commissaire Benoît Lavergne et l'inspecteur Paul Meunier commencent leur enquête, se rendant au domicile de la victime. Ils interrogent les proches d'Hardouin : Marianne (sa maîtresse), Pinson (le comptable), Marguerite (l’employée de maison), Catherine (la secrétaire). Seul Henri Quinsard est introuvable. Il s’est mis au vert à la campagne. Il aurait certainement mieux fait d’y rester plutôt que de revenir à Paris. L’enquête avance peu. Pinson ne semble pas impliqué. Marianne se tient tranquille. L’assassin avait trouvé une excellent cachette pour les cent millions. Mais un décès prématuré et naturel va mettre la police sur ses traces. Un agent de police ayant remarqué une Dauphine jaune peu avant le crime, voilà un indice décisif…

 

Outre “Meurtre au feu rouge” en 1961, G.G.Bomier a aussi publié (en 1962, dans la même collection Un Mystère) “Fiasco” et “Rallye Gang”. Il n'est pas certain que l'on trouve d'autres romans sous ce nom. Qui était cet auteur ? Peu avant 1960, les anciens établissements G.G.Bomier (crées en 1933) cédèrent la place à une nouvelle société, “Les bas Chesterfield”. S'agit-il de l'ex-propriétaire (probablement une dame) qui ensuite se serait reconvertie dans l'écriture de romans policiers ? Il serait hasardeux de le certifier, mais cette piste n'est pas du tout saugrenue.

Certes, on ne peut pas qualifier cette intrigue de chef d'œuvre. Néanmoins, ça reste un solide petit polar typique de l'époque. Sans doute relève-t-on quelques grosses ficelles : l’homme fortuné qui joue et gagne à la Loterie ? Mmouais. De même que la situation de l’assassin dans cette histoire. Qui, au final, avouera les circonstances du crime sans rechigner. Pour l'essentiel, une narration assez astucieuse faisant oublier les détails discutables, des personnages crédibles, une part d'humour… et ça donne un suspense rétro plutôt sympathique à lire.

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