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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Jenny Rogneby : Leona – Les dés sont jetés (Presses de la Cité, 2016)

Jenny Rogneby : Leona – Les dés sont jetés (Presses de la Cité, 2016)

Les faits commencent début septembre à Stockholm, en Suède. Âgée de trente-quatre ans, Leona Lindberg est policière à la Criminelle. Elle est mariée à Peter, le couple ayant deux jeunes enfants, Beatrice et Benjamin. Ce dernier est atteint de la maladie de Crohn, ce qui nécessitera un jour une coûteuse intervention. Peter s’avère un peu trop optimiste sur l’avenir de leur couple, prévoyant un troisième enfant et l’achat d’une maison, alors que Leona prend de la distance envers lui. Elle est en poste dans le service de Claes Zetterlund, un supérieur capricieux face auquel elle garde une certaine prudence. Vis-à-vis de ses collègues, Leona fait preuve d’un esprit indépendant, avec courtoisie mais sans plus, sauf si elle a besoin d’infos. Par contre, elle s’entend très bien avec Nina Wallin, la procureure très pointue sur les dossiers qu’elle traite.

Olivia est une enfant de sept ans vivant avec son père. Rarement gentil, souvent agressif, il la manipule en lui confiant de curieuses missions. La première consiste à se présenter nue et ensanglantée dans une banque de Stockholm, qu’elle vient braquer. Un message enregistré oblige les témoins à lui remettre une grosse somme, puis la fillette disparaît. Ni indices, ni odeurs pour aiguiller la police. Leona Lindberg s’est arrangée pour que l’affaire lui soit confiée. Le cas de cette gamine peut lui rappeler sa propre enfance douloureuse, avec un père rigide, directif, privilégiant ses frères. Sans doute Leona avait-elle déjà un comportement trop libre pour la norme. L’enquêtrice interroge une vieille dame ayant approché la fillette, visionne la vidéosurveillance, prépare un sujet pour une émission de télé visant à retrouver d’autres témoins. Une implication qui déséquilibre encore son couple.

Le journaliste Christer Skoog est obsédé par un scandale étouffé par le gouvernement suédois, car concernant trois éminents politiciens qui ont été blanchis. La prostituée Dina, témoin-clé, semble désormais réticente à répondre aux questions du journaliste. Celui-ci use d’un stratagème pour contacter Leona Lindberg. Pour la contraindre à lui procurer des éléments nouveaux sur le scandale politique, Christer Skoog possède un argument très compromettant pour la policière. Tandis qu’il continue à la harceler, elle déniche de vagues infos sur le sujet qui intéresse le reporter. Entre-temps, avec sa complice qu’Olivia appelle "la Dame", Ronni a obligé sa fille à braquer un bureau de change Forex. Elle n’est pas nue cette fois, mais toujours ensanglantée. Ayant oublié, Ronni a dû se procurer du sang à la dernière minute, ce qui mécontente la tête pensante de ces braquages.

L’affaire est plus que jamais prioritaire. Claes Zetterlund impose de renforts à Leona, deux jeunes recrues de la police, bien qu’elle eût préféré fonctionner avec l’équipe habituelle. Puisque Leona avait prévu un petit séjour à Malte avec son amie Larissa, rien n’est changé dans son programme. Ce qui lui permet de s’adonner "en live" à sa passion pour le poker. Au retour, se servant d’un double témoignage, Leona dispose d’un éventuel suspect. Avec l’approbation de son amie procureure, elle suit cette piste plus qu’incertaine…

 

Bien qu’une policière soit au centre de cette intrigue, il serait erroné de l’aborder comme un "roman d’enquête". Car la vie de Leona ne se résume pas à son activité dans la brigade criminelle. Entre autres, sont évoqués ses soucis familiaux, sa relation avec ses enfants et son mari : on peut comprendre qu’elle ait envie d’autre chose. Quant à ses souvenirs, ils participent au portrait de Leona, qui n’a jamais accepté d’entrer dans le moule. L’auteure nous fait découvrir divers aspects de la personnalité (ô combien complexe !) de son héroïne, ses défauts ou ses secrets, ainsi que ses projets. Une femme de caractère !

Si nous suivons quelques scènes avec la petite Olivia, l’essentiel de l’histoire nous est racontée par Leona. “Le fait que je me trouve en pleine réunion avec un médium, à huit heures du matin, ne rendait pas les choses plus faciles à accepter. Je ne savais pas comment nous étions censés concilier les faits et la fumisterie pour arriver à un résultat utilisable. Il me fallait me montrer aimable avec lui tout en le maintenant à l’écart de l’enquête...” Narration fluide apportant son lot de péripéties, et psychologie teintée d’amoralité, offrent à ce roman une très sympathique originalité.

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