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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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James Carlos Blake : La loi des Wolfe (Rivages / Noir, 2017)

James Carlos Blake : La loi des Wolfe (Rivages / Noir, 2017)

Au Texas, les Wolfe forment une large famille, avec diverses ramifications. Tous ont suivi des études supérieures et disposent d’un métier sérieux, au sein des sociétés Wolfe. S’ils sont présent sur tout l’État, chacun a encore un lien avec le village isolé de Terre-Wolfe, berceau de leur clan. Charles Fortune en est l’administrateur officieux. Mais ce sont "les trois Oncles" qui veillent au bon fonctionnement familial, au strict respect des règles. Sans oublier leur doyenne, Tante Catalina, qui traversa un siècle de vie fort mouvementé. Outre leurs activités légales, les Wolfe pratiquent certains trafics, en particulier celui des armes. Ils connaissent toutes les possibilités du secteur frontalier dont ils sont les maîtres. Et, du côté mexicain de la frontière, se trouve une autre partie de la grande famille Wolfe. Ceux-là forment un gang aussi efficace que discret et omniprésent, les Jaguaros.

Âgé de vingt ans, Eddie Gato Wolfe avait soif d’aventure et peu de goût pour les études. Cet impatient s’est engagé comme garde dans la Compagnie, un cartel mexicain. C’est au Rancho del Sol qu’il a été affecté, un site sécurisé en plein désert. Si les règles des Wolfe sont fermes, celles édictées dans ce gang sont encore plus sévères. Et les punitions sont d’une cruauté impitoyable. Tout aurait pu se passer sans problème, si Eddie n’avait flashé sur la jeune et belle Miranda, dix-neuf ans. Elle avait été kidnappée quelques mois plus tôt pour devenir une des femmes de Segundo, le frère du Chef de la Compagnie. Leur idylle sexuelle clandestine prit un mauvais tournant quand le compagnon de Miranda les surprit dans l’intimité. Réactif, Eddie élimine Segundo, avant que le couple prenne la fuite dans la voiture du Chef. Ce dernier est très vite informé de ce qui s’est produit.

Segundo était le dernier frère encore vivant du Chef. Garder le contrôle de la Compagnie est déjà compliqué, donc pas question de laisser ce nouveau crime impuni. Pour capturer les fuyards, tous les moyens sont mis en œuvre et personne ne trahira le Chef. Bien qu’il ait un ami mexicain pilote d’avion, Eddie ne peut espérer son aide pour quitter le pays. Miranda et lui sont encore bien loin de la frontière. Ils ont de l’argent, celui de Segundo, mais pas de papiers d’identité valables. Pourchassés, ils causent un carambolage, avant d’être au centre d’une fusillade dans un champ de canne à sucre. Ce dont ont besoin Eddie et Miranda, pour franchir le désert jusqu’à la frontière, c’est de chance : “C’est très bien d’avoir du talent mais rien, non rien ne vaut la chance. Il doit y avoir une règle là-dessus.” Et peut-être que l’aide de la famille Wolfe peut s’avérer indispensable, aussi.

Au Texas, Rudy et Frank ont résolu sans grande difficulté une mission en cours, chopant le coupable d’une mauvaise action contre les Wolfe. Dès leur retour au village, ils sont priés d’entrer en contact avec la vénérable tante Catalina. Elle éprouve beaucoup d’affection pour Eddie Gato Wolfe. Avertie qu’il est en difficulté au Mexique, elle demande à Rudy et Frank de le sortir de ce bourbier. Ils opèrent rarement de ce côté-là de la frontière. Mais leur cousin mexicain Félix et ses comparses sont en mesure de les aider. Toutefois, il n’est pas question de sous-estimer le potentiel de la Confrérie et la détermination du Chef. Se faisant passer pour frère et sœur, Eddie et Miranda sont en contact avec des passeurs. Il convient pour le couple de rester méfiants. Rudy et Frank sont des pros, mais l’exfiltration d’Eddie s’annonce extrêmement compliquée…

(Extrait) “Eddie tombe au bon moment, lui a dit Ernesto, parce qu’il y a un groupe qui part à la frontière ce soir même. Le passage sera très simple, l’a assuré l’homme, une marche facile de quelques heures jusqu’à une petite route où une camionnette les emmènera à Tucson, une ville agréable avec beaucoup de compatriotes mexicains. De là, il pourra partir de son côté ou, s’il préfère et est prêt à payer un petit supplément, il pourra être transporté ailleurs, vers un endroit plus grand avec de meilleures opportunités d’embauche. Phoenix, Los Angeles ou Chicago, où il voudra (…) 650 dollars. Une affaire, pour sûr. Cela confirme ses soupçons que le coyote employant Ernesto est un indépendant. Même dans la vallée inférieure du Rio Grande, les prix ont bondi depuis l’année dernière, et aucun gang important ne demanderait une somme aussi faible que 650 dollars.”

 

Avec “La loi des Wolfe”, qui est suivi de “La maison Wolfe”, James Carlos Blake présente une famille gratinée, dans le cadre d’une série intitulée "Border Noir" (le roman noir de la frontière). Au-delà de l’aspect purement mafieux, c’est un esprit de clan qui règne dans ce groupe familial étendu, masquant ses fructueuses activités illégales derrière des façades d’honorabilité. Ce qui suppose une solidarité entre les Wolfe, même si tous ne sont pas issus de la branche principale. L’essentiel, c’est d’intervenir lorsqu’un des leurs est en péril, d’un bord ou de l’autre de la frontière avec le Mexique – où est installée une partie de la famille Wolfe. Comme l’indique en prologue la toute première scène, les solutions sont radicales lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts de ce clan.

Difficile de certifier que ce genre de mafia familiale existe dans la réalité. Malgré tout, les régions frontalières ont toujours été propices aux trafics, aux combines, aux ententes et aux rivalités dans le banditisme. Et on imagine volontiers des villages tels que Terre-Wolfe, "réservés aux proches". Par ailleurs, on n’oublie pas que les cartels mexicains sont très violents, causant quantité de morts chaque année. Garder la maîtrise à la tête d’un gang comme la Compagnie n’est pas une mince affaire : on le constate à travers les réflexions du Chef, homme encore jeune dont tous les frères ont été abattus. Dans un contexte crédible, c’est avant tout un très bon roman d’action doté de péripéties multiples, qu’a concocté James Carlos Blake. On se régale à suivre les aventures des Wolfe !

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