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Publié par CLN

 

13-BERGValerie Weymann est avocate à Hambourg. Avec son mari Marc, elle a deux filles, Leonie et Sophie. Associée au cabinet du paternel Kurt Meisenberg, Valerie traite de dossiers internationaux. À l’heure où un grand sommet politique doit se tenir à Hambourg, en ce mois de décembre, elle doit faire un aller-retour rapide pour une réunion à Londres. À l’aéroport, Valerie est interpellée par la police sans qu’on lui fournisse d’abord d’explication. Elle va être interrogée par un enquêteur allemand, Eric Mayer, et un agent de la CIA en fin de carrière, Robert F.Burroughs. Il s’agit de son amie pédiatre Noor al-Almawi, dont Valerie est sans nouvelle. Noor mène des actions humanitaires en Syrie, ce qui lui a causé quelques ennuis. Puisqu’on ne veut pas lui dire ce qui est reproché à Noor, Valerie ne coopère pas. Pendant ce temps, son mari Marc s’inquiète, d’autant que Mayer perquisitionne bientôt chez eux, lâchant le nom de Noor al-Almawi.

Celle-ci serait complice du récent attentat meurtrier, ayant tué plusieurs enfants à Copenhague. Il est vrai qu’elle est proche de Mahir Barakat, cerveau supposé de l’attentat, et de Safwan Abidi, l’exécutant présumé. Valerie connaît elle aussi ces deux hommes. Trois ans plus tôt, elle a même eu une brève liaison avec Abidi. Si l’Américain Burroughs est sûr que l’affaire de Copenhague est due à Al-Quaida, Eric Mayer estime que c’est plutôt un acte isolé. Leur collègue canadienne Marion Archer n’a pas d’idées préconçues, mais se méfie de l’agent de la CIA. Tous deux se doutent que Burroughs a exfiltré Noor al-Almawi vers une prison secrète, afin de lui extorquer des aveux. Une bombe est signalée à la gare hambourgeoise de Dammtor, ce qui n’est pas une fausse alerte. Une série d’explosions va causer cinq morts et une vingtaine de victimes. La vidéo surveillance permet d’identifier rapidement le coupable de ce nouvel attentat, Safwan Abidi.

Marc tente de venir en aide à son épouse, grâce à l’avocat Meisenberg, mentor de Valerie. Tout juste peut-il lui faire parvenir quelques vêtements. Abidi se cachant dans son consulat, Burrough et Mayer exigent que Valerie serve d’appât afin de le capturer, ce qu’elle accepte. Sur place, l’avocate finit par jouer cartes sur table avec Abidi. Ce dernier plaide un complot contre Mahir Barakat, Noor et lui. Ils sont musulmans, pas terroristes. Aucun d’eux n’est responsable de l’attentat de Copenhague. Valerie et Abidi fuient le consulat, mais ils sont vite rattrapés par Burroughs. Ce dernier ne fait pas de cadeau. Alors que Valérie a été hospitalisée dans une prison, l’agent de la CIA l’enlève et l’envoie vers l’étranger. Mayer peut compter sur Marion Archer, mais obtient peu d’infos de son contact local de la CIA. Toutefois, il apparaît probable que la prison secrète se trouve en Roumanie. Pour Valerie, Marc, et leur amis, le cauchemar est encore loin d’être terminé…

Voilà une intrigue qui, sans nul doute, va nous réconcilier pour de bon avec les romans d’espionnage. Certes, les histoires d’agents secrets face au terrorisme ont parfois donné des résultats riches en aventures. Non sans schématiser le Bien contre le Mal jusqu’à la caricature, avouons-le. Ici, le sujet prend une tournure plus noire et originale, évoquant les abus de pouvoir dans la lutte contre les ennemis. Il faut veiller à ne pas devenir paranoïaque ces derniers temps, n’est-ce pas ? [dit Marion Archer]. La paranoïa implique une part de peur et celle qui nous entoure en ce moment est plutôt un obstacle à notre fonction. Elle fausse notre jugement. Tout comme la colère.

Dans ce climat, pas si éloigné de la réalité, un simple soupçon peut entraîner des dérapages, couverts par des lois d’exception. Surtout lorsqu’un agent tel que Burroughs en fait une affaire personnelle. Quant aux prisons secrètes de la CIA, naguère l’antichambre de Guantanamo, ce n’est hélas pas un fantasme. Personne n’approuve la violence terroriste, contre laquelle on doit riposter. Mais avec clairvoyance, c’est-à-dire sans impliquer des innocents. Tel est l’engrenage que l’auteure dénonce. Tout en ménageant un intense suspense sur le rôle des divers protagonistes, autant que sur le sort de Valerie. Une lecture à dévorer, car c’est un roman extrêmement prenant.