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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Andrea Camilleri : La lune de papier (Fleuve noir, 2008)

 

08-CAMILLERIVisiteur médical de 42 ans, Angelo Pardo a été abattu chez lui, peut-être après avoir eu une relation sexuelle. C’est sa sœur Michela qui s’est inquiétée de l’absence de son frère, dont elle est proche. Après la découverte du catafero, le commissaire Salvo Montalbano fouille chez Pardo. Il trouve la clé d’un petit coffre qui a disparu, et un curieux livret de chansonnettes traditionnelles. Sans doute fait-il une erreur en autorisant Michela à dormir chez son frère. Mais cette femme est d’une beauté troublante, qu’elle masque sous un habillement neutre.

Pardo était l’amant d’Elena qui, à l’opposé de Michela, exhale une sensualité sauvage. La jeune femme est mariée à un vieux professeur, qui n’ignorait rien de sa liaison avec Pardo. Couple étrange, mais Elena parait sincère. Elle n’a pas d’alibi, n‘ayant pas rejoint son amant ce soir-là. Michela la déteste et l’accuse. Des lettres cachées dans la voiture de Pardo indiquent qu’Elena fut plus jalousement menaçante qu’elle ne l’avoue. En réalité, ces lettres lui auraient été dictées par Pardo. Celui-ci était extrêmement généreux avec Elena, offrant voiture et bijoux.

Pardo était un ancien médecin, radié pour l’avortement d’une mineure. Ce n’est pas de ce coté que Montalbano doit chercher. Ni de celui de Paola, ex-fiancée restée amie avec Michela. L’accident du futur beau-frère de Pardo resta énigmatique. Montalbano s’interroge surtout sur le train de vie de la victime. Très bien protégé, l’ordinateur de Pardo avec ses gardes à la porte! Le livret de chansonnettes est codé, et pourrait indiquer des sommes. Il s’avère que Pardo était joueur, qu’il possédait un compte en banque inconnu de sa sœur.

Pardo connaissait bien le sénateur Nicotra, qui était son avocat, et le député di Cristoforo. Tous deux sont mort récemment, victimes de stupéfiants mal dosés. Malgré la pression de la brigade anti-drogue, les policiers de Vigàta savent que la prudence s’impose dans cette affaire-là. Elena a finalement un alibi, ce qui soulage Montalbano. Il est certain que les fortes sommes dont disposait Pardo venaient du trafic de drogue. Il comprend que les lettres cachées d’Elena, comme la posture du corps de Pardo, sont une mise en scène de sa sœur.

Le compromettant petit coffre-cassette a été dissimulé dans le cercueil de Pardo. Il contient les preuves de ses trafics. Quand Montalbano raconte à Michela tout ce qu’il sait, elle se suicide. Si l’alibi d’Elena est faux, la tigresse confirme au policier que c’est bien Michela qui tua son frère. L’amour fusionnel entre eux se termina en tragédie…

Si notre ami Salvo Montalbano s’inquiète de vieillir, il n’en est pas moins troublé, attiré, par les deux héroïnes principales de cette enquête. Malgré son expérience et son instinct, il leur accorde aisément sa confiance, sans regrets véritables. On le sait humain et bienveillant. Les ambiguïtés italo-siciliennes, entre politique et mafia, figurent toujours en filigrane dans cette affaire. Outre le suspense, Camilleri réserve aussi une belle part d’humour, direct ou plus subtil. C’est une fois de plus avec grand plaisir qu’on suit ce nouvel épisode.

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