Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

1850 chroniques - faites défiler la page - ou cliquez sur l'initale du nom de l'auteur recherché

Anne Perry : La révélation de Noël (10-18 Éd., Inédit 2010)

10-PERRY-NoëlLondres, peu avant Noël 1895. Emily Radley est la sœur de Charlotte Pitt, dont le mari Thomas Pitt est un policier réputé. Susannah Ross, la tante d’Emily et de Charlotte vit en Irlande depuis longtemps. Elle dut s’écarter de sa famille quand elle épousa un catholique aujourd’hui décédé. Âgée de cinquante ans, Susannah est gravement souffrante. Emily se résout à quitter provisoirement son mari, pour rejoindre sa tante. Dans le Connemara, elle est accueillie par l’aimable Père Tyndale qui la conduit jusqu’au village côtier dont il est le prêtre. Il évoque le regretté Hugo Ross, le regretté époux de Susannah, qui fut très apprécié dans la région. Après cet exténuant voyage, Emily arrive chez sa tante, qu’elle trouve fort affaiblie. Heureusement, Susannah est bien aidée par Maggie O’Bannion, qui s’occupe de la maison. Emily remarque bientôt que Fergal O’Bannion veille de près sur sa femme Maggie, comme s’il redoutait un danger.

Malgré la météo venteuse, Emily se rend jusqu’au proche village. À l’épicerie locale, l’accueil est un peu distant mais poli. Plus tard, elle croise aussi Padraic Yorke. Ce sexagénaire connaît bien le passé de la région. Il lui raconte l’histoire, mêlée de légende, des clans qui furent maîtres des environs. De retour chez sa tante, Emily rencontre les Flaherty, mère et fils. Justement, jadis le clan Flaherty fut ici puissant. Si la mère semble acariâtre, le jeune Brendan est sympathique. La nuit suivante, le tonnerre gronde et les éclairs inquiètent Emily. Au cœur de la tempête, elle aperçoit un navire qui sombre au large du village. Elle ameute la population, qui se porte au secours des naufragés ayant pu survivre. Il n’y a qu’un seul rescapé, bien vite mis à l’abri chez Susannah Ross. Lorsqu’il récupère quelques forces, il dit s’appeler Daniel, mais n’a pas d’autre souvenir du drame.

Emily sent toujours une anxiété chez Maggie O’Bannion et le Père Tyndale. Le cas de Daniel risque de perturber les habitants du village, selon le prêtre. En effet, quelques années plus tôt, le jeune Connor Riordan arriva ici de manière inattendue, un peu comme Daniel. Or, il trouva la mort dans des circonstances mal expliquées. Emily se demande quel rôle joua Hugo Ross dans l’affaire. Se sentant faiblir, sa tante Susannah voudrait sûrement qu’Emily éclaircisse cette question. Toutefois, il s’agit d’un secret qui parait concerner l’ensemble de la communauté villageoise. Bien qu’anglicane, Emily assiste avec Daniel à la messe du dimanche, observant la population. Au bout de sept ans, poser des questions sur les moyens et les occasions qu’avait eu quelquun de tuer Connor Riordan s’annonçait difficile, pour ne pas dire impossible. Les seuls indices résideraient dans le mobile. Malgré les silences, Emily ne renonce pas à enquêter…

Inédit dans la série des Petits crimes de Noël, cette histoire plus courte d’Anne Perry montre une autre facette de son talent de romancière. Elle restitue de façon nuancée les ambiances et le contexte de l’époque. L’Irlande rurale est loin de Londres, une des villes-phares de la fin du 19e siècle. Les décors sont présentés avec la belle précision dont sait faire preuve l’auteur. L’analyse sociologique n’est pas absente, quand elle souligne l’éternelle frontière séparant anglicanisme et catholicisme. Une barrière pourtant franchie par Susannah Ross. Un tel village perdu recèle fatalement de lourds secrets créant une tension palpable, que l’œil extérieur d’Emily perçoit vite. La fluidité narrative et l’intrigue au tranquille suspense sont un régal. Un excellent conte criminel, en somme.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :