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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Anne Secret : Moskova (2012)

12-SECRETVers 1990, l’Europe vit un épisode historique : le Mur de Berlin est tombé, ce qui laisse place à la réunification de l’Allemagne. Si certains affairistes nouent vite des relations commerciales, d’autres ex-Allemands de l’Est doivent se faire oublier quelques temps. C’est dans ce contexte qu’un nommé Dieter Roth, quadragénaire de Lubeck, débarque à Roissy. En réalité, Anton a dérobé ces papiers pour quitter Berlin. Ce serait bien compliqué pour lui aujourd’hui de réclamer la nationalité française, bien qu’il soit né à Boulogne-Billancourt. Mais le parcours de quelquun ayant choisi de vivre à l’Est ne peut pas être simple. Il a estimé qu’il était temps de fuir l’Allemagne et le souvenir de sa compagne Théa. À son arrivée, il contacte son frère Ivan. Celui-ci lui donne une somme d’argent. Il lui indique un logement vacant rue Bonnet, celui d’un certain Max qui est absent pour plusieurs mois.

Dans le 18e arrondissement, le quartier de la Moskova est l’objet d’un vaste projet immobilier. Félix est à la tête d’un groupe de locataires ayant créé un comité de défense, incluant Odile, la plus vieille habitante du quartier. Se présentant comme traducteur, avec son air d’intellectuel germanique, Anton ne tarde pas à être adopté par les autres. Parmi eux, se trouve Héloïse, jeune bibliothécaire qui loge chez Odile. Pour tuer le temps, sous prétexte de traductions, Anton passe de longues heures à la bibliothèque. Il n’est pas insensible au charme d’Héloïse, peu bavarde même quand ils boivent un verre ensemble dans un bistrot. Les ombres menaçantes de son passé semblent s’être éloignées d’Anton. Sa situation restant précaire, il a besoin de papiers d’identité. Un certain Klaus peut lui en fournir des faux, au prix fort. Quartier de la Moskova, tous restent mobilisés contre le projet…

Il existe des histoires qui n’ont nulle nécessité d’être développées sur plusieurs centaines de pages. Qui ont plutôt besoin d’un récit intimiste, impressionniste peut-être. Il force son accent allemand. L’un des types lui balance une injure, mais la carrure d’Anton, pourtant peu belliqueux, le dissuade d’insister. Ici, trois lignes suffisent pour clore un début d’altercation. C’est assez typique de l’écriture d’Anne Secret, semble-t-il. Car il en est de même pour les portraits, les décors. Ce qui n’empêche pas qu’on se sente proche de ce solitaire qu’est Anton, ou de la discrète Héloïse. Et que ce quartier quelque peu désuet, transformé depuis, nous paraisse fort attachant. Sans doute les Parisiens en ignorent-ils l’origine, et les raison de ce nom russe, ce que l’auteure nous explique. Pour le reste, inutile de s’appesantir sur l’époque, puisque la fin du Mur de Berlin figure dans tous les manuels historiques. Il s’agit donc d’un court roman, ou novella. C’est le meilleur format pour ce genre d’intrigue, qu’Anne Secret maîtrise avec une belle élégance stylistique. Après Les villas rouges récompensé par le Prix Calibre 47, encore un titre de cette auteure à découvrir.

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