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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Caleb Carr : Le secrétaire italien (Pocket 2008)

08-CARR-PocketSherlock Holmes et le Dr Watson reçoivent un message codé en provenance d’Écosse. Il émane du frère aîné de Sherlock, Mycroft Holmes. Proche conseiller de la Reine, Mycroft craint pour la sécurité de sa Majesté qui séjourne au château de Balmoral. Deux morts suspectes se sont produites à Édimbourg, au palais royal de Holyroodhouse. L’architecte et un ouvrier chargé de la rénovation de la tour ouest ont été tués à quelques jours d’intervalle. Sherlock Holmes n’ignore pas qu’un crime sanglant fut commis dans cette tour, au temps de Marie Stuart. Le secrétaire italien de la souveraine fut assassiné pour de mauvaises raisons. Quant aux menaces actuelles, elles peuvent venir des espions allemands rôdant autour de Balmoral. L’époque est aux complots.

Sans attendre, Holmes et Watson empruntent un train spécial en direction de l’Écosse. Le voyage n’est pas si secret que prévu, car le convoi est attaqué par un homme. Un fou ou un nationaliste écossais, on ne sait. Ayant rejoint le duo d’enquêteur avant l’arrivée, Mycroft Holmes hésite à soupçonner le personnel au service de la Reine. Sherlock et Watson s’installent à Holyroodhouse, accueillis par lord Francis - dirigeant le palais - et par le majordome Hackett, fort peu sympathique. Autopsiant l’ouvrier McKay, la 2e victime, Watson constate que le corps a été broyé par plus de cinquante fractures avant d’être « poignardé à l’écossaise ».

Ce n’est pas un fantôme qui se cache dans la sinistre tour ouest, restant marquée par le crime commis ici trois siècles plus tôt. Il s’agit d’une jeune femme, Alison. Enceinte, elle désigne la cause de ses tourments : l’armurier Will Sadler. Le personnel s’est toujours tu au sujet des visites nocturnes d’étrangers dans la tour ouest. Holmes et Watson se rendent dans un pub pour militaires, servant de Q.G. à Will Sadler et à son frère Robert. Ce sont eux qui organisent, pour de grosses sommes, ces visites clandestines de la tour. Holmes identifie « le fou du train », c’était lord Francis, grimé. Hackett et sa famille, finalement de bons alliés, confirment que leur cruel maître est l’associé de Will Sadler. Robert Sadler, le frère plus honnête, est prêt à aider Holmes et Watson, leur révélant où est dissimulée la fortune accumulée par les complices. Quand Mycroft revient au palais, il doit admettre que l’affaire est crapuleuse, pas politique...

Rappelons que Caleb Carr reçut en 1996 le Grand Prix de Littérature policière et le Prix Mystère de la critique pour L’Aliéniste. C’est donc un auteur déjà expérimenté qui joue ici avec le mythe holmésien. « Un bel hommage au plus célèbre détective du monde » a écrit Claude Mesplède dans son Dictionnaire des Littératures Policières. On ne peut que confirmer cette appréciation. Effectivement, cette histoire utilise subtilement les ambiances et les mystères chers à sir Arthur Conan Doyle. Sherlock Holmes, c’est autant la réflexion (sans abuser de déductions tarabiscotées) et l’action (servant à épaissir l’énigme). Prêtant peu d’états d’âme à l’enquêteur de Baker Street, en mission à Édimbourg, l’auteur offre à l’indispensable Dr Watson un rôle (mérité) de premier plan. Excellent !

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