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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Colin Harrison : L’heure d’avant (Éd.10-18, 2011)

11-HARRISONÀ New York, George Young est employé par un cabinet d’avocat intervenant sur les cas de fraudes aux assurances. Bientôt quinquagénaire, il habite le West Side avec son épouse Carol. Leur fille de dix-neuf ans est étudiante. Quand la veuve de Wilson Corbett lui demande un service, George accepte par reconnaissance. En effet, le bienveillant Corbett fut son mentor dans ce cabinet d’avocats. Âgée et souffrante, sa veuve s’interroge sur le décès de son fils Roger, quelques mois plus tôt. Non pas sur les circonstances : il est mort heurté par un camion-benne une nuit en sortant d’un bar. Une vidéo de surveillance en atteste. Savoir ce qui l’a distrait au point d’entraîner l’accident, c’est plus difficile. Engagé par la veuve Corbett, le détective Hicks a rassemblé quelques éléments qu’il donne à George. L’enquêteur lui déconseille de creuser trop profondément dans cette affaire.

La vie de Roger Corbett connut des hauts et des bas, trajectoire assez courante dans les milieux financiers auxquels il appartenait. Une suite d’opérations plus qu’hasardeuses l’ont vite ruiné, malgré la vente de ses principaux biens. “[Il] s’était fait éjecter du train triomphant du capitalisme américain. Son divorce avait peut-être été la cause de sa chute, ou une de ses conséquences.” Sa sensuelle épouse ne semble guère marquée par le décès de Roger. Elle a fait vider l’appartement de son ex-mari sans y faire le moindre tri, avant de remiser ses affaires dans un box. George Young rencontre Eliska Sedlacek, mannequin tchèque, qui fut la dernière amie de Roger. Sincère relation entre une jeune expatriée et un biznessman sur le déclin, sans doute. Pourtant, George est sûr qu’elle lui raconte quelques bobards, qu’elle cache l’essentiel.

De quels indices dispose finalement George ? La ligne téléphonique de Roger Corbett est toujours active, c’est étrange. Le défunt s’intéressait au passé de son père, rien de très étonnant pour un homme de son âge. Dans le box, parmi les affaires de Roger Corbett, des décorations de Noël et autres soldats de plomb de médiocre qualité. En réalité, c’est Eliska qui les avait déposés chez Corbett. Elle profitait de son métier international pour passer ces objets, qui ont nettement plus de valeur qu’il y parait. Des gens dangereux risquent de les réclamer très rapidement. Face à eux, son roublard ami Anthony conseille à George Young de “jouer au crétin de génie”. Régler cette affaire-là ne suffit à déterminer ce que cherchait Roger Corbett concernant son père, Wilson Corbett…

Une précision s’impose : d’abord paru sous forme de feuilleton, l’un des objectifs de ce roman consiste à décrire l’univers new-yorkais. De nuit comme de jour, on se balade avec les héros dans les quartiers de cette ville grouillante, on évoque ses boutiques parfois insolites, certains habitants pas banals, ainsi que les lieux actuels ou même du passé. Parce qu’il est un new-yorkais ordinaire, absolument pas préparé à enquêter, le personnage central attire la sympathie. D’autant qu’il s’implique beaucoup plus que prévu. Intelligente et volontaire, son épouse lui apporte un soutien malicieux. À l’origine, c’était donc un feuilleton (c’est ainsi que furent publiés les premiers chefs d’œuvres de la littérature policière). Ce qui offre au récit cette captivante progression. Si l’énigme posée est intéressante, les sinueux et sombres développements de l’intrigue deviennent vite palpitants. Voilà un suspense qui se lit avec un évident plaisir !

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