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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Dan Wells : Je ne suis pas un serial killer (Pocket, 2012)

12-WELLS-PocketJohn Wayne Cleaver est un lycéen de quinze ans. Il habite Clayton County, une bourgade rurale et tranquille du Dakota du Nord. Avec sa tante Margaret, sa mère tient le funérarium local, activité généralement sans complication. Lauren Bacall, la sœur aînée de John, y est employée. Leur père Sam a abandonné la famille depuis longtemps. Garçon solitaire, John apprécie d’aider sa mère et sa tante aux préparations du funérarium. Il s’isole parfois près du Lac Marginal, comme il appelle Clayton Lake. Il fréquente peu d’amis, à part l’excentrique Max. John est fasciné par les tueurs en série, s’informant plus qu’il n’est normal à leur sujet. Ce qui a fini par inquiéter sa mère. Il suit maintenant une thérapie psy, chez le Dr Neblin. Conscient du risque de devenir un serial killer, John s’impose quelques règles de non-agressivité. Ce qui ne convainc pas complètement le médecin.

Dès qu’un premier meurtre est commis à Clayton County, John comprend que c’est l’œuvre d’un tueur en série. D’autant que personne n’avait de raison pour tuer Jeb Jolley. Quand on envoie son corps au funérarium, John est sûr que si un rein manque au cadavre, c’est déjà un signe. Si la mort ne t’était pas aussi familière, tu t’en porterait peut-être mieux estime sa mère, qui ne souhaite pas voir John s’exciter sur cette affaire. Pourtant, quelques temps plus tard, un deuxième crime comparable se produit. Le shérif affiche la prudence, faute d’éléments. Toutefois, il manque un bras au cadavre du fermier Dave Bird. L’important, ce n’est pas ce qu’il faut aux corps, c’est ce qu’il leur prend. Sortir toutes les tripes, c’était un simple moyen de trouver un rein, pas un rituel macabre… conclut John. Et puis, il y a ces taches de pétrole sur le sol, près des corps, un indice à ne pas négliger.

Au bal du lycée, pour Halloween, John grimé en clown se fait remarquer lorsqu’il menace subtilement l’arrogant Rob Anders. L’état mental de John n’empire pas, il a su contrôler ses pulsions. D’ailleurs, il reste attentif à ses proches, tel le vieux Mr Crowley et son épouse Kay. La troisième victime n’est autre que Ted Rask, le journaliste télé qui suivait la série de meurtres. John pense qu’il disposait de détails l’assassin, ce qui justifierait sa mort. Ce zonard qui rôde à Clayton County, John pourrait le suspecter. En réalité, c’est en surveillant l’inconnu que l’ado va identifier le criminel. Celui-ci va causer d’autres victimes. Dont Greg Olson, auquel il enlèvera l’estomac. C’est maintenant que le jeu devient dangereux, pour John, pour le Dr Neblin, ainsi que pour l’entourage du lycéen. Un combat mortel contre le monstre est engagé…

La grande habileté de Dan Wells consiste à nous présenter cette histoire dans un contexte de normalité. La mort plane sur une petite ville américaine ordinaire, peuplée de gens qui, longtemps, ne mesurent pas l’ambiance meurtrière. Parce qu’il est différent, obnubilé par les tueurs en série, peut-être susceptible de le devenir, le jeune héros est le seul capable d’intervenir. Il devra symboliquement détruire ce mur qui le sépare du monstre. Si John se considère dénué d’empathie, on en éprouve vite à son égard. Pour la simple raison que l’auteur n’oublie jamais qu’il fait parler (et vivre) un adolescent. Entre vie quotidienne, complexe de culpabilisation, colères parfois, enquête à risque et une belle part de témérité, John est un personnage complètement crédible. Sa maturité viendra s’il découvre un lien de sensibilité avec les autres. Quant à la forme du récit, on est entraîné par cette fluidité narrative percutante qui fait la qualité des très bons romans. Dan Wells figure parmi les auteurs à suivre, c'est évident.

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