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Publié par CLN

 

12-THIERYLe commandant Maxime Revel est chef de groupe à la PJ de Versailles. Il y est entouré du séducteur Abdel Mimouni, du sombre Renaud Lazare, et de la novice Sonia Breton. Fumant trop, Revel est sévèrement malade, ses quintes à répétition étant douloureuses. Il parvient de moins en moins à masquer son état de santé. Il s’occupe seul autant qu’il peut de sa fille Léa, étudiante anorexique. Voilà juste dix ans que son épouse Marieke a disparu, au temps où ils habitaient Rambouillet. Le 20 décembre 2001, elle participait en soirée à la répétition d’une chorale. Plus personne ne la vit par la suite. On soupçonna un animateur culturel d’avoir été l’amant de la jeune femme. On s’interrogea aussi sur le rôle de Maxime Revel qui, le lendemain, fut chargé d’une enquête n’ayant jamais été élucidée depuis.

L’affaire Porte reste un des grands échecs du policier. M.et Mme Porte, patrons du bar La Fanfare furent retrouvés assassinés au petit matin par leur fille âgée de 42 ans, Elvire Porte. Le couple avait été poignardé avec violence, mais on ne trouva guère d’indices suffisants. La commerçante d’en face, Annette Reposoir, a offert quelques infos à Revel, rien de déterminant. Après l’affaire, le bar fut repris par la fille des victimes. Récemment, on a rénové l’établissement, le renommant : Les Furieux. C’est Jérémy Dumoulin, le fils d’Elvire Porte, qui a donné ce coup de neuf au bar de ses grands-parents. L’unique possible témoin du double meurtre aurait pu être Nathan Lepic. Âgé de huit ans, cet autiste atteint du syndrome d’Asperger ne put être entendu par la police. Il est revenu vivre dans ce quartier depuis peu.

Revel et son équipe sont désignés pour enquêter sur le meurtre d’un habitant de Méry. Michel Dupont, 68 ans, est une ancienne rock star, très célèbre sous le nom d’Eddy Stark. Sa carrière scénique était largement terminée. Sa réputation d’être autant attiré par les jeunes hommes que par les filles n’était pas usurpée. Il était d’ailleurs atteint du SIDA, ce que va confirmer l’autopsie. Celui qui a découvert le corps est son jardinier, le jeune Thomas Fréaud, dit Tommy. On peut penser qu’il fut un des amants d’Eddy Stark. Sonia Breton déniche le témoignage d’un barman qui a bien connu les agissements sexuels de la victime.

De son côté, il arrive que Revel se réfugie chez Marlène, qui tient un salon de thé en ville. Les locaux de cette ancienne prostituée abritent un lupanar, une coquette maison de rendez-vous, en réalité. C’est Revel qui lui conseilla de se reconvertir ainsi. Ils sont devenus intimes. Marlène finit par lui révéler que Marieke avait pour amant Jack Bartoli, un collègue flic de Revel quand il était à Rambouillet. Plus curieux, Marlène retrouve une photo sur laquelle figurent Marieke et Elvire Porte. Bien qu’affaibli, Revel poursuit le travail de fourmi qu’il mène depuis dix ans, tout en n’oubliant pas l’affaire Eddy Stark, même si elle apparaît sans rapport…

Loin d’être une néophyte, lauréate du Prix du Quai des Orfèvres 2013, Danielle Thiéry fit une belle carrière dans la police avant de devenir romancière. Elle a déjà été récompensée par Prix Bourgogne 1997 pour La petite fille de Marie Gare, le Prix Polar 1998 et le Prix Charles Exbrayat 1998 pour Mises à mort (deux titres publiés aux Éd.Robert Laffont).

On suppose que c’est, en priorité, le respect de la procédure d’enquête, de l’action policière, qui aura séduit le jury ayant couronné Des clous dans le cœur. Pour les lecteurs, ce sont certainement d’autres atouts qui importeront. Tenace, le flic souffrant fait preuve d’opiniâtreté pour aller au bout de ce qui pourrait être sa dernière affaire. Courage et failles personnelles vont de pair chez ce héros. Il faut souligner que son équipe ne se contente pas de faire de la figuration, en particulier la jeune Sonia. Bien sûr, on imagine assez tôt que les dossiers ont des liens, peut-être trop ténus pour les discerner, justement. C’est là que, jouant sur les ambiances et emmêlant à plaisir le récit, l’auteure montre une très bonne maîtrise. Trois cercles distincts, proches au point de se frôler, pour finalement s’interpénétrer, telle est l’habile structure de l’intrigue. Néanmoins, au-delà de la technique, Danielle Thiéry présente surtout des personnages diablement humains. Voilà un roman d’enquête qu’on a plaisir à lire.