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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Didier Daeninckx : Ethique en toc (Le Poulpe)

DAENINCKX-Librio1999. Gabriel Lecouvreur apprend le suicide de Pierre Floric, son “jumeau”, né comme lui le 22 mars 1960. Ce brillant historien a mis fin à ses jours à Caluire, dans la maison où fut arrêté Jean Moulin. Pour Le Poulpe, difficile d’expliquer ce geste, même en imaginant un acte symbolique lié au héros de la Résistance. Gabriel se déplace à Lyon. Il va y être hébergé par son ami Zill Dagona, militant qui révèle des infos occultées dans sa petite revue. Gabriel rencontre l’étudiante Léa Bargane, danseuse et créatrice d’abat-jour, qui fut la maîtresse de Floric. Elle évoque quelques-uns de travaux du défunt, entre autres sur l’industriel lyonnais Berliet, qui fut à l’époque proche du nazisme. Gabriel n’est pas certain que Léa soit vraiment étudiante. Et ses abat-jour sont assez curieux.
Février 2000. Les raisons de la mort de Pierre Floric n’ont jamais été éclaircies. Quand il entend à la radio que la bibliothèque interuniversitaire de Lyon a été ravagée par un incendie, Le Poulpe retourne sur place. Des milliers de livres ont disparu dans ce désastre. On sait qu’il y a une victime, une femme. Gabriel est sûr que la radio a annoncé le nom de Léa Bargane, mais personne ne confirme plus cette info. Il visite clandestinement l’appartement de Léa, s’intéressant à la malle pleine de documents que Floric avait laissé chez elle. Le Poulpe est agressé par deux hommes, qui volent ladite malle. Gabriel se requinque grâce à son ami Zill Dagona, avant d’aller interroger l’épouse de Floric. Que celui-ci ait étudié l’histoire de Nostradamus n’est probablement pas lié à son suicide.
Selon Zill, qui enquête pour sa revue sur les meurtres de travestis, l’autopsie indique de Léa a été abattue par arme à feu. Gabriel se rend au Centre Gabriel-Roux, où Floric exerçait son métier d’historien. Le directeur admet, sans se l’expliquer, que le caractère de son collègue avait changé avant son suicide. C’est au club La Jungle en Folie que Gabriel trouve une piste, grâce à une amie un peu paumée de Léa. Elle cite un nommé Béraud, dont Le Poulpe découvre bientôt qu’il est archiviste au Centre Gabriel-Roux. Étonnant parcours que celui de Béraud qui, six ans plus tôt, se trouvait aux Mexique, auprès des rebelles du Chiapas. Comme sympathisant à leur cause, ou pour quelle autre raison ? Telle reste la question. Son passé parait tabou. La collection de fiche de films pornos de Béraud offre au Poulpe une piste sérieuse…
Le personnage du Poulpe permet à Daeninckx de souligner ici l’existence de réseaux révisionnistes. Entre les historiens ayant minimisé l’importance de faits graves (“Ces estimés professeurs étaient chargés de pacifier la réalité pour la rendre acceptable” p.84) et les négationnistes falsifiant l’Histoire avec des théories fumeuses, quelle place pour la vérité historique ? Les méthodes insidieuses de ces derniers sont connues. Héritiers de la Collaboration et admirateurs du nazisme, ces imposteurs ne sont pas avares de versions mensongères. Au passage, l’auteur nous rappelle quelques aspects peu glorieux de l’histoire lyonnaise, et fait même un détour latino-américain. Il n’oublie pas que les aventures du Poulpe se doivent d’être riches en péripéties. C’est ainsi que Gabriel mène, à sa manière si personnelle, une enquête mouvementée.
Didier Daeninckx est aussi l’auteur de plusieurs épisodes du Poulpe, dont “Nazis dans le métro” (1996) et “La route du Rom” (2003).

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