Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

1850 chroniques - faites défiler la page - ou cliquez sur l'initale du nom de l'auteur recherché

G.J.Arnaud : Noël au chaud (Plon, 2010)

10-ARNAUD-1Raymonde Mallet vit dans une petite commune dans la région de Toulon. Veuve âgée de 76 ans, sans enfant, elle habite seule dans sa grande maison bordée d’un vaste jardin. Pour que le projet immobilier du maire aboutisse, il faudrait que Raymonde vende d’abord sa propriété. Elle s’y refuse obstinément. Ce qui irrite le voisinage, tous étant prêts à vendre pour de belles sommes. La rumeur d’une pétition circule, concernant Raymonde, qu’ils prétendent incapable de se débrouiller seule. Elle est harcelée par Mme Hauser, l’assistante sociale. Aller en maison de retraite, c’est hors de question. Même avoir une aide-ménagère, ça ne l’intéresse guère. Après tout, elle reçoit de temps à autre la visite de son amie Augusta Pesenti. Elle loge chez son fils Laurent, sa belle-fille Claire et leur petite Léonie, dans une maison toute proche, de l’autre côté des cyprès.

Augusta se montre souvent envahissante et désagréable, voire blessante quand elle qualifie la maison de Raymonde de baraque froide comme un tombeau. Il est vrai qu’elle entretient peu les lieux, mais elle ne veut pas habiter ailleurs. La jalousie d’Augusta, qui se flatte d’être heureuse de vivre avec sa famille, crée des tensions entre elles. Une idée fait son chemin dans l’esprit de Raymonde. Elle se renseigne auprès du notaire local, au sujet de location et d’un viager. Il se trouve que, à près de quarante ans, Laurent Pesenti vient de perdre son emploi de mécanicien à Toulon. Pas bien facile de retrouver du boulot en été. Or, Raymonde dispose d’un grand espace où il pourrait sans trop de frais installer un garage automobile. Certes, il a peu de moyens financiers; mais en vendant leur villa actuelle, Raymonde se chargeant de les héberger, ce serait possible.

Ce qu’aimerait la vieille dame, c’est rester chez elle sans avoir à s’occuper de sa maison. Elle propose des conditions très favorables à Laurent Pesenti, quand il vient se renseigner soi-disant pour un ami. Elle le sent d’accord. Hélas, Augusta Pesenti ne tenant pas à renoncer à son confort, elle ne cache pas une hostilité féroce. La petite Léonie vient souvent jouer en cachette dans le jardin herbeux de Raymonde. Bien qu’elle n’aime pas tellement les enfants, la vieille dame tente d’amadouer la gamine. Malgré les friandises et les jouets, s’en faire une alliée s’avère encore difficile. Copiant son autoritaire grand-mère, Léonie dit détester la maison de Raymonde. Quand Mme Hauser insiste, il est temps d’agir. La querelleuse Augusta soupçonne les manigances de sa voisine, afin d’attirer Léonie. Éliminer cet obstacle sans être suspectée n’est pas si difficile finalement. Pourtant, d’autres problèmes contrarient encore le plan de Raymonde…

La maison (ou le quartier) fut un thème souvent traité par Georges-J.Arnaud, un des meilleurs romanciers populaires du 20e siècle. Il excella dans la description de ces microcosmes, révélateurs de toutes les tares de la nature humaine. Contexte propice aussi à diverses machinations, cruelles et perverses. Ici, c’est le portrait intemporel d’une vieille dame indigne qu’il nous dessine. Car Raymonde n’est pas une gentille mamie, un ange de douceur. Elle a un but, et s’y tiendra sans faillir. La despotique Augusta n’est pas plus agréable, d’ailleurs. Elle domine son fils trop indécis et sa belle-fille taiseuse. Des protagonistes dont les défauts sont soulignés avec une ironie malicieuse, comme le fit souvent cet auteur. Dans cette histoire, on retrouve avec plaisir les grandes qualités de tous les romans d’Arnaud. Sans oublier la fluidité narrative. La clarté du récit n’empêche pas de tisser une sombre intrigue criminelle. Un pur régal !

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :