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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Henry Trujillo : Trois vautours (Actes Noirs, 2012)

12-TRUJILLO-H 

Citoyen de l’Uruguay, Javier Michel est un jeune homme blond d’une vingtaine d’années. Pour réaliser un projet de voyage en Espagne, il a besoin d’argent. La solution qu’il a trouvée consiste à vendre en Bolivie un 4x4 volé qu’il a acheté en Argentine. C’est sa première expérience dans ce trafic, aussi doit-il quelque peu se fier au hasard. Grâce au nommé Raúl, il franchit clandestinement la rivière qui sert de frontière entre Argentine et Bolivie. Même si le cours d’eau est à sec, ce passage nocturne n’est pas de tout repos. Le duo arrive chez Cobas, qui gère certains trafics frontaliers. Depuis que son associé a été abattu, il évite de faire transiter de la drogue. Cobas remarque l’inexpérience de Javier Michel, qui ignore qu’avec des plaques argentines sa voiture serait vite repérée.

On a donné à Javier Michel l’adresse d’un garage de Santa Cruz. Le vieux patron feint de ne pas s’occuper de voitures volées. Une jeune femme présente accélère la transaction. L’énigmatique Paula semble à peine plus âgée que Javier Michel, mais est sûrement beaucoup plus mûre. Suit une soirée pluvieuse, que tous deux passent ensemble. Paula raconte ses études en Grande-Bretagne, mais reste fort évasive sur sa vie. Elle finit par lui proposer d’acheter son passeport. Javier Michel refuse. Le lendemain, Paula profite de son absence dans sa chambre d’hôtel pour dérober le passeport. Voler n’est pas exactement le mot, car elle a laissé une belle somme pour le prix de la voiture et celui du document. Javier Michel la cherche au garage, mais elle a disparu. Après tout, il admet que ce n’est pas si grave.

Alors que se prépare une grève générale, il est préférable de quitter Santa Cruz et la Bolivie, avec son seul sac à dos et son fric. Javier Michel prend le car qui le ramène non loin de la frontière. Il retourne chez Cobas, qui devine pour qui Paula a dérobé le passeport. D’ailleurs, la jeune femme ne tarde pas à arriver elle aussi chez Cobas. Elle doit passer la frontière clandestinement avec un véhicule, selon sa version. Javier Michel est convaincu qu’elle ne lui dit pas toute la vérité. Cobas lui demande d’aider Paula à traverser dans l’autre sens la rivière sèche. Le couple y parvient, puis se dirige vers la ville de Güemes. Là, ils retrouvent le personnage agressif et dépressif auquel était destiné le passeport de Javier Michel…

Une bien curieuse histoire, troublante sans être fascinante. Théâtrale par certains aspects, puisque découpée en quatre actes et un dénouement, faisant référence à un des thèmes de la pièce “Hamlet”. Initiatique également, car c’est la première découverte du monde pour le héros. Il se lance dans une affaire où il ne maîtrise quasiment rien. Ce n’est pas vraiment un paumé, comme le lui explique un vieux bonhomme : “Oui, il y a aussi beaucoup de paumés qui débarquent ici… Mais c’est une autre sorte de paumés. Des gens qui ont perdu leur âme et sont partis à sa recherche. Vous n’êtes pas de ceux-là…” Notre plaisir est un peu gâté, puisqu’on n’adhère que partiellement à ce personnage. On ne peut pas éprouver d’empathie pour lui. Sa candeur est sympathique autant qu’agaçante. Il ne semble pas tirer de leçons de ses mésaventures, pas plus qu’il n’a interprété le signe des “trois vautours”. Néanmoins, sentant poindre un drame, le lecteur suit les tribulations de ce jeune homme. Et puis, les auteurs uruguayens étant probablement rares, voilà une bonne occasion de visiter l’Amérique latine avec l’un d’eux.

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