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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Hervé Picart : Le cœur-de-gloire (Le Castor astral, 2009)

09-PICART-2009À Bruges, l’antiquaire Frans Bogaert et son assistante Lauren s’occupent de la boutique l’Arcamonde, sur le Spiegelrei (Quai du Miroir). En ce mois de mai, une très belle cliente va perturber l’inventaire imposé à Bogaert par son assureur. Toute de rouge vêtue, Ornella de Volder vient faire expertiser un bijou. Ce cœur-de-gloire n’est qu’un simple cristal sans grande valeur. À peine surprise, la belle Ornella jette le bijou peu après dans une poubelle. Mais elle revient bientôt, car le cœur-de-gloire est réapparu chez elle. Bien que Bogaert devine aisément une mésentente dans le couple, il ne s’agit pas d’un mauvais tour du mari. Celui-ci est actuellement en voyage. L’antiquaire cache le bijou dans son bureau, en sécurité, afin de l’analyser. Une fois encore, Ornella le retrouve chez elle. Lauren comprend que c’est un soi-disant technicien passé dans la boutique qui l’a dérobé. Bien qu’éprouvant peu de sympathie pour Ornella, Bogaert va enquêter.

L’intérieur du cœur-de-gloire contient un liquide rouge, qui s’avère être quelques gouttes de sang. Ce qui rappelle une secrète tradition toscane, du village de San Gimignano. Au lointain temps où des rivalités partisanes secouaient cette région d’Italie, ce bijou était le symbole d’une vengeance accomplie. Même Stendhal évoqua la chose dans une de ses chroniques, un document inédit. Sa version romancée raconte plutôt un drame passionnel, façon Roméo et Juliette, qu’une vérité historique. Néanmoins, un expert confirme que ce rituel de vengeance a bien existé. Ornella avoue avoir une “alternative amoureuse”, un amant surnommé Aramis, dont elle est sans nouvelles depuis plusieurs jours. Son appartement est vide, tout signe rappelant Ornella a même été enlevé. Bogaert relève des traces de sang sec. Il fait comparer le sang trouvé dans le bijou avec l’ADN d’Aramis, mais il se garde de conclure trop vite.

Rudy de Volder, le mari d’Ornella, a une étrange passion. Depuis toujours, il est fasciné par le sang, collectionnant des lettres écrites avec du sang. Certes, à Bruges, on célèbre la fête du Saint-Sang, mais ça reste une curieuse passion. Bogaert retrouve le fabricant des cœurs-de-gloire, auquel un anonyme en commanda quatre. De son côté, Lauren repère un détail sur la vidéo du vol du bijou dans la boutique. Quand Rudy de Volder se rend en visite chez l’antiquaire, il souligne un aspect troublant du caractère d’Ornella. Bogaert n’envisage pas que ce couple bizarre soit des criminels. Par contre, il est temps qu’on cesse de lui raconter des calembredaines…

Après Le dé d’Atanas et L’orgue de quinte, c’est le troisième épisode de cette série de romans d’énigme. Sachant que notre perspicace antiquaire se nomme Bogaert, et que son assistance cultive sa ressemblance avec Lauren Bacall, la tonalité est plutôt souriante. À une terrasse de bistrot, Bogaert croise même le commissaire Van In, héros brugeois des romans de Pieter Aspe. L’antiquaire est donc confronté à une mystérieuse affaire, où la psychologie des protagonistes a autant d’importance que la référence à des faits anciens. S’il possède la capacité déductive d’un Sherlock Holmes, Bogaert est un enquêteur d’aujourd’hui, équipé d’Internet, s‘informant auprès de ses contacts en réseau. Malgré tout, le bon sens et des exemples du passé sont toujours utiles pour approcher la vérité. On se sent vite complice de cet astucieux personnage, dans la tradition des grands noms de la littérature populaire. Une série de romans à découvrir.

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