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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Hugo Buan : Hortensias blues (Pascal Galodé Éditeurs, 2008)

09-BUAN-1Quadragénaire, le commissaire Workan est en poste à la Criminelle de Rennes. Il a été muté de Toulouse, où vivent encore son épouse et sa fille, suite à une grave altercation. D’une famille d’origine polonaise qui participa à la Résistance, tous hauts fonctionnaires, Workan a limité les dégâts. À Rennes, ses méthodes irritent son supérieur et la procureur Guérin. Workan est assisté du rouquin capitaine Lerouyer, et de la nerveuse policière Leila Mahir.

À Cesson-Sévigné, la maison médicale L’Albatros regroupe quatorze spécialistes, sur sept étages. Le Dr Marotan, dentiste, a été assassiné d’un coup de club de golf, un lourd “fer neuf”. On l’a retrouvé avec un hortensia planté entre ses fesses nues. Workan et son équipe interrogent les proches de la victime. Son épouse savait que Marotan avait plusieurs maîtresses. L’assistante et la secrétaire étaient déjà parties à l’heure du crime. L’ORL Chabrier, meilleur ami du défunt, partageait la même passion que Marotan pour le golf. Le proctologue était à son entraînement de judo. Le Dr Avril, psy, pouvait éprouver de la rancœur envers Marotan, au sujet de questions immobilières. Workan trouve là un prétexte pour le mettre en garde à vue.

Dès le lendemain, c’est au tour de Chabrier d’être assassiné, avec une mise en scène similaire. En langage foral, l’hortensia signifie “Vos caprices me peinent”, mais ça n’offre guère de piste à Workan. Mme Chabrier, qui fut la première épouse du Dr Marotan, possède un bon alibi. Libéré, le Dr Avril ne cache pas son mécontentement. Les autres médecins et lui-même sont hostiles à une protection policière dans leur immeuble. Workan enquête au golf de Dol, que fréquentaient les victimes, tandis que Leila Mahir recense les maîtresses de Marotan, qui ont toutes un alibi. Vu la violence des actes, une vengeance de femme semble d’ailleurs improbable. Par contre, même si la compta de leur SCI est claire, on peut suspecter les collègues médecins.

La série continue avec le meurtre du cardiologue, tué par une statue en bronze de Johnnie Walker, puis celui du généraliste, assassiné près du canal d’Ille-et-Rance. Avec, à chaque fois, un hortensia en guise d’ornement postérieur. Même quand il abat l’allergologue par arme à feu lors d’un match de foot, le tueur s’arrange pour le décorer d’un hortensia à la morgue. Entre sinistrose et tensions, Workan et ses adjoints poursuivent leurs investigations…

Si la forme est celle du roman d’enquête, l’action est centrée autour du personnage principal. Certes, ses qualités sportives de rugbyman faiblissent, mais ce diable de Workan reste prompt à s’enflammer dès qu’une situation l’agace. Devant l’impossibilité de faire cesser ces meurtres en série, il est sur les nerfs, le fougueux commissaire. Ses adjoints, à commencer par Leila, ne sont pas moins impétueux. Ce qui entraîne bon nombre de scènes aussi vives que souriantes. Car Hugo Buan laisse une large place à la comédie policière : “Il ne faut pas se faire d’illusions, encore quelques années et le fichage ADN sera obligatoire à la naissance. Alors, adieu la volaille d’enquêteurs (…) Les auteurs de romans policiers, vous y pensez ? Une page, il fera leur bouquin. Un crime, une empreinte, un assassin. Qu’est-ce que je dis ? Un paragraphe, il fera le polar, et encore écrit en grosses lettres…” Outre l’intrigue proprement dite, cette tonalité enjouée rend l’histoire fort agréable.

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