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Publié par CLN

 

12-ALAUX-BALENBenjamin Cooker est un œnologue réputé, vivant dans la région bordelaise. Son guide des vins est incontournable pour les amateurs, et il conseille les viticulteurs soucieux d’améliorer la qualité de leurs vins. Benjamin Cooker est assisté par le jeune Virgile Lanssien, qui ne manque pas d’un certain instinct. La scientifique Alexandrine de la Palussière complète le trio. S’il est très actif, et parfois mêlé à des enquêtes criminelles, Benjamin Cooker s’accorde cette fois des vacances avec son épouse Elisabeth et son setter irlandais Bacchus, dans sa maison du Médoc. C’est là que le commissaire Barbaroux vient l’aviser d’un meurtre, commis dans les environs. Le cadavre d’une femme d’environ cinquante ans a été retrouvé. L’arme du crime est un tire-bouchon portant un blason, que Benjamin Cooker ne tarde pas à reconnaître : celui du cru de Château Bartaresse.

Situé sur la commune de Cussac, cette propriété vinicole appartient à la famille Rastigeas. Mariée à un médecin, Marie-Charlottte Rastigeas est une amie de longue date d’Elisabeth Cooker. Son époux, le Dr René Charleville, est un homme possédant un grand esprit d’entreprise. Spécialisé dans la chirurgie esthétique, où il gagne des fortunes, il a ouvert une clinique sur un des terrains du domaine de Château Bartaresse. L’établissement propose à une clientèle huppée des cures de désintoxication, pour alcooliques souvent mondains. En bon affairiste, le médecin a encore d’autres projets en cours, auxquels Benjamin Cooker refusa d’ailleurs de s’associer. Évelyne Colombier, la victime, originaire de Saint-Jean-de-Luz mais divorcée habitant Bordeaux, était une patiente de la clinique du Dr Charleville. Le commissaire Barbaroux fait avouer au médecin qu’il existait même une relation plus intime entre cette personne et lui.

Alexandrine analyse bientôt un peu de terre trouvé sur le cadavre, ce qui révèle des traces de tourbe et de fientes d’oiseaux. Si Benjamin Cooker et Virgile ont inspecté la géologie des sols du voisinage, ils ont surtout trouvé un autre indice près des lieux où l’on plaça le corps. C’est le prospectus de Maître Borrina M’Dongoula, un marabout bordelais très compétent pour attirer les gogos. Dans un bistrot du secteur, Benjamin Cooker et Virgile croisent un quatuor en goguette, des patients de la clinique du Dr Charleville. Selon le commissaire Barbaroux, ils ne sont pas moins suspects que le médecin. On déplore peu après la mort d’une des femmes du groupe : Le décès de Flavie Greige épaississait davantage encore l’atmosphère déjà délétère qui régnait autour de la clinique. L’œnologue et le policier espèrent bien faire prochainement la lumière sur ces crimes…

Cette sympathique série de romans, Le sang de la vigne, en est à son vingtième épisode. C’est le mariage entre l’élégance du vin, la noblesse des terroirs, et des crimes obscurs. Sans doute Benjamin Cooker joue-t-il au détective amateur, mais c’est la subtilité du gentleman qui guide ses enquêtes. Partenariat avec le policier, autant que balade entre l’estuaire de la Gironde et l’Océan, au cœur de vignobles prestigieux. Il s’agit d’évoquer l’ambiance locale, non pas de faire l’énumération flatteuse de grands crus. Le sujet égratigne un affairisme bourgeois, de ceux qui peuvent entraîner quelques rivalités mortelles. Indices, observation, témoignages et suspects, l’intrigue criminelle utilise la forme classique du roman de mystère, dans une tonalité de bon aloi. Tradition aussi d’une narration fluide, qui ajoute au plaisir de la lecture. Un fort agréable suspense.