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Publié par CLN

 

13-VANCE-TelemaqueRonald Wilby est un jeune garçon qui, depuis une dizaine d’années, a été couvé par sa mère Elaine, divorcée. L’essentiel pour le fils et sa mère est de conserver cette maison assez laide, de style victorien, au 572 Orchard Street. Garçon d’une certaine corpulence, Ronald cherche peu à se faire des amis. Il rêve de séduire la belle Lauren Hansen, mais c’est improbable. Un jour, son chemin croise celui de la blonde Carol Matthews, voisine âgée de onze ans. Il l’agresse et, bien qu’elle se débatte, tente de la violer. Ronald tue la gamine par accident, ne tardant pas à l’enterrer. Grâce à un indice accusateur, on identifie rapidement Ronald comme étant l’assassin. Il raconte toute la vérité à sa mère. Ne voulant perdre ce fils chéri, Elaine lui installe une petite pièce cachée sous l’escalier de la maison.

Quand un policier vient l’interroger au sujet du meurtre imputé à Ronald, sa mère raconte des mensonges. Le sergent Lynch, shérif adjoint, parait convaincu qu’elle n’en sait pas davantage. La vie s’organise bientôt dans la maison. Ronald commence à prendre goût à son refuge. Plutôt que d’étudier, il se créée un petit monde de science-fiction, qu’il baptise Atranta. Ce travail d’immense envergure lui plaisait énormément, il avait tout son temps : jamais auparavant, il n’avait disposé de pareils loisirs. Cette occupation quasi-permanente autour d’Atranta lui perturbe quelque peu l’esprit. Sa mère a voulu assez d’argent pour qu’ils puissent s’enfuir tous les deux. Fatiguée par trop de boulot, sa santé se dégrade vite. À son décès, Ronald se retrouve seul.

La maison est achetée par la famille Wood quelques temps plus tard. Dans un tourbillon perpétuel, tous ses membres travaillaient à rajeunir et égayer l’austère vieille demeure. Pour Ronald, c’était la fin de sa quiétude. Ne pouvant plus bouger à sa guise, il en ressent une grande irritation. Néanmoins, depuis son cagibi, il prend un grand plaisir à surveiller les trois jeunes filles de la famille, Ellen, Althea et Barbara. Les filles éveillaient en lui un intérêt tout spécial : leurs jolies jambes lisses et hâlées, leurs petits arrière-trains bien ronds provoquaient de délicieux tourments. L’œil collé au judas, il n’en perdait aucune bouchée, et n’était jamais rassasié. Quand il voyait passer devant lui l’une d’entre elles, ses mains devenaient moites, et il se parlait à lui-même. Rester dans l’ombre ne suffisant plus à Ronald, il commet des imprudences pouvant inquiéter les filles Wood. Et s’il kidnappait l’une d’elle, pourquoi refuserait-elle de vivre avec lui ?

Jack Vance est célèbre pour ses romans et nouvelles de science-fiction. N’oublions pas pour autant les quelques romans policiers qu’il signa par ailleurs. Datant de 1973, Bad Ronald fut traduit sous le titre Méchant garçon. Il fut publié en 1979 aux Éditions PAC, dans la collection Red Label dirigée par François Guérif. Ce roman fut récompensé par le Prix Mystère de la critique en 1980. Il fut adapté au cinéma en 1992 par Charles Gassot. Méchant garçon a été réédité chez NéO (coll.Le Miroir Obscur, 1984), chez Presses Pocket (coll.Terreur 1989), et aux Éditions Télémaque (2007). Dans cette histoire, Jack Vance réussit à créer une ambiance assez étrange et pourtant familière. Certes, le jeune héros est un ado déphasé, qui fuit de plus en plus la réalité, mais Ronald n’apparaît pas comme un monstre totalement antipathique. On ne le prend sûrement pas en pitié, mais on n’a pas envie de le juger non plus. Fort habilement, l’auteur nous rend complices, autant voyeurs que lui. Un suspense remarquable, qu’on ne se lasse pas de relire.