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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Jacques Kaufmann : El Lobo (L’Archipel, 2008)

08-KAUFMANNAméricain installé en Argentine, Roy Kruger est propriétaire de La Posada del Mar, un restaurant de poisson pour clientèle aisée, à Buenos Aires. C’est avant tout un pilote émérite. Il collabora avec les services anti-drogues des États-Unis, infiltrant les cartels en Colombie. Même en cas de vol périlleux, il garde son sang froid.

Luis Ortega dirige aujourd’hui la société de sécurité Protector. Cet ancien mercenaire au service de la junte militaire, qui écrasa le pays de 1976 à 1983, fut un cruel tortionnaire. Il envisage de quitter l’Argentine, non sans avoir réalisé une dernière opération fructueuse. Auparavant, grâce à un policier corrompu, il s’arrange pour trouver un pilote possédant un hydravion. Il prend contact avec Roy Kruger, un gringo naïf qui le déposera où il veut sur le fleuve Paraná. La nuit précédant sa fuite, Ortega fracture le tombeau d’Évita Perón, au cimetière de la Recoleta. Il y dérobe plusieurs sacoches contenant un trésor en bijoux.

Arrivé à destination dans l’hydravion de Kruger, Ortega menace le pilote, qui parvient à l’éjecter de son appareil. L’Américain vérifie bientôt le contenu des sacoches : ces bijoux ayant appartenu à des familles juives, ce sont évidemment d’anciens nazis qui les ont offerts au dictateur Perón. Rentrant à Buenos Aires, il apprend l’affaire de la tombe profanée d’Évita. La version officielle des autorités évoque d’abord un trafic de drogue, puis la piste d’une secte satanique. Kruger a besoin d’alliés, pour sortir de cet imbroglio. Marc, journaliste anglais, frère de sa fiancée Jane, et Hector, gérant de son restaurant, sont les seuls sur qui compter.

La documentation de l’organisation Contra el Olvido, qui milite pour les Droits de l’Homme, permet à Kruger de trouver une piste. Au temps de la junte, celui qu’on surnommait El Lobo (Le Loup) fut le principal tortionnaire de “L’Estancia de la Mort”. Kruger ne tarde pas à situer ce domaine isolé, du côté d’El Cruce. Ortega vient de kidnapper la jolie fiancée de Kruger, Jane, qu’il va séquestrer dans cette propriété. Il veut l’échanger contre les bijoux. Kruger et Hector essaient vainement d’attaquer l’estancia.

Marc et le pilote font pression sur un ministre, promettant de ne rien révéler des scandaleux secrets du couple Perón, s’il envoie un commando contre Ortega. Le ministre accepte, mais projette déjà d’éliminer ce témoin gênant qu’est Kruger, en faisant exploser son avion. À l’issue de l’assaut, Ortega est débusqué dans sa cachette et abattu. Jane est sauvée. Kruger a déjoué l’idée du ministre, se protégeant grâce à la présence des médias…

Trois atouts rendent très excitante la lecture de ce livre. D’abord, il s’agit d’un trépidant roman d’aventure. Confronté à tous les dangers, Roy Kruger s’inscrit dans la plus pure tradition des héros que rien n’arrête. Son adversaire est un authentique salaud, usant de tous les coups bas. On croise aussi un flic ripou qui n’hésite pas à trahir son ami Ortega le moment venu, un complice rouquin assez stupide, et une paire de fourbes politiciens gratinés. Ensuite, on constate que l’auteur connaît parfaitement l’aviation, autant que l’Argentine - où il fut correspondant de l’AFP. Il évoque, entre autres, les conséquences du krach qui ruina ce pays au début des années 2000. Enfin, l’aspect historique est aussi abordé : la tyrannie sanglante de la junte militaire qui, avec le soutien de la CIA, fit des milliers de victimes ; les troubles relations entre les ex-nazis et le dictateur Juan Perón ; le cas de son épouse Évita, “aussi adulée que détestée”, défendant les milieux populaires dont elle était issue, mais adorant le luxe. On le voit, ce roman - riche en péripéties - possède beaucoup d’arguments favorables.

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