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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Jean Failler : Casa del Amor (Éd.du Palémon, 2010)

10-FAILLER-1Capitaine de police à Quimper, la jeune Mary Lester est chargée d’une discrète mission par son “ami” Mervent, conseiller du ministre de l’Intérieur. En ce mois de septembre, Mary va séjourner dans l’île de Noirmoutier. L’affaire risque d’être sensible, car elle touche la famille du sénateur Gédéon Bélier. L’employée de maison de Mme Helder, sa belle-mère, a été victime d’un empoisonnement suspect qui l’a juste incommodée. Ça commence mal pour Mary, victime d’un incident sur le Passage du Gois. C’est en scooter qu’elle débarque à l’hôtel de luxe où elle va résider. Elle se rend rapidement au manoir de la Moineaudière, où habite Mme Helder. Toutefois, avant d’y pénétrer, Mary remarque une petite maison insolite au coin du domaine, en bord de mer : la Casa del Amor. Celle qui vit là, Marie-Ange Marescot, n’est autre que la belle-sœur de Mme Helder, et la vraie propriétaire du manoir. Veuve depuis longtemps de Jules Marescot, frère de Mme Helder, cette ancienne serveuse du Bar de la Marine est évidemment détestée par sa belle-sœur. “Aversion réciproque” entre ces femmes, même si Marie-Ange a hérité bien moins que Mme Helder de la fortune Marescot.

Le premier contact entre Mary et la descendante d’une riche famille de pharmaciens nantais est sans chaleur : “Mme Helder était une octogénaire fort coquette, fort bien maquillée et ses lèvres ointes d’un rouge sombre ressortaient comme une fleur vénéneuse sur sa peau blafarde. Ses yeux celaient autant de chaleur qu’une paire de glaçons juste sortis du congélateur. D’emblée, Mary ressentit plus qu’une antipathie à son égard, plutôt une répulsion, un peu comme lorsqu’on croise une araignée ou un serpent.” Ayant fait l’historique de sa famille, Mme Helder accuse sa belle-sœur d’avoir voulu l’empoisonner. Une version qui s’oppose à celle de Marie-Ange Marescot. Très heureuse de vivre dans sa villa, bâtie par un amant argentin fréquenté après le décès de son mari, Marie-Ange se montre moins vindicative que sa voisine. À cause de l’incident du Passage du Gois, Mary est bientôt suspectée par la gendarmerie. Ce qui lui permettra plus tard de fraterniser avec le gendarme Boissier. Entre-temps, un appel anonyme accuse Marie-Ange de détenir de l’arsenic, mais la perquisition ne donne rien. Il est vrai que Mary a écarté le danger peu avant.

Au Bar de la Marine, l’enquêtrice recueille les confidences des vieux clients au sujet de la famille Marescot et de Marie-Ange, fille de l’île toujours appréciée. La gendarmerie retrouve finalement l’arsenic, mais les empreintes d’une jeune fille simplette pourraient lui causer des ennuis. Pour la policière, il s’agit de définir qui a manigancé quoi, et dans quel but…

C’est une fois encore avec plaisir qu’on suit les aventures de Mary Lester. Au-delà du simple roman d’enquête, la jeune femme aime découvrir des lieux et surtout des personnages. Noirmoutier constitue effectivement un décor plein de charme, en particulier à travers ses propriétés anciennes, souvent résidences secondaires de notables nantais. Outre le tourisme, l’activité des marais salants et l’ostréiculture font aussi partie de la vie locale. Quant aux protagonistes de l’affaire, totalement opposées, l’une s’avère aussi détestable que l’autre est sympathique. Deux conceptions de la vie, peut-être pas si caricaturales. À la façon de Simenon, l’auteur s’applique toujours à nous présenter des gens au plus près de la vérité. On ne s’ennuie jamais avec l’intrépide Mary Lester, qui sait faire preuve d’humour parfois mordant. Grâce à une belle souplesse narrative, première qualité de Jean Failler, la fluidité du récit est entraînante.

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