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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Jean-Hugues Oppel : Barjot ! (Rivages 2011)

OPPEL-2011Âgé d’une quarantaine d’années, Jérôme Salgan rentre chez lui avec un peu de retard ce soir-là. Il est victime d’un incident en voiture, doublé trop vivement par un chauffard dont il note le numéro. Il met quatorze minutes à changer de roue, recroise le même véhicule trop pressé peu avant d’arriver à son domicile. Il découvre qu’un incendie ravage sa maison. Les secours sont sur les lieux, mais il est impossible de sauver sa famille et ses amis qui l’attendaient. Sept victimes, pour un carnage qui n’a rien d’accidentel. Un commando vient de les éliminer par erreur. Le commissaire Kreps et son équipe sont également sur place. Ces flics-là dépendent d’un service du ministère de l’Intérieur dirigé par le colonel Chartreuse. Cette police anti-terroristes avait chargé le commando de supprimer les membres du Groupe Terreur, des émules de la Bande à Baader. Énorme bavure, les cinq individus s’étant bêtement trompés d’adresse.

Entre coma causé par le choc et convalescence dans une clinique, Jérôme est hospitalisé durant sept mois. Quand il est légèrement plus solide, un notaire vient lui annoncer qu’il hérite de la Mercedes et de l’appartement de son ami Georges, qui a péri lors du drame. Jérôme est-il capable de sortir ? Le psy qui le soigne estime que, en théorie, rien ne s’y oppose. Il n’est pas si affirmatif sur les réactions à venir de son patient, toutefois. De son côté, le commissaire Kreps poursuit son enquête sur le Groupe Terreur, avec ses méthodes : On va faire de la police, mon petit gars ! Comme on en fait depuis Vidocq et Maigret ! Planques et filatures dans le plus pur style de la maison Bourreman. Flair, patience et godasses à clous ! Même si la piste est incertaine, les flics de Kreps ont repéré une sympathisante des terroristes. Surveillance discrète, pour le moment.

Jérôme s’installe dans l’appartement de Georges. Par hasard, il remarque la voiture du chauffard de la nuit du drame. En effet, c’est bien la même plaque d’immatriculation. S’il était dans son état normal, apte à penser sereinement, il devinerait la futilité de sa conviction. Rien ne lui dit que ceux qui ont effacé un quart de vie familiale sont ses écraseurs. Pas l’ombre d’une preuve, pas la moindre parcelle d’indice révélateur. Néanmoins, une nécessaire vengeance va le guider désormais. Il commence par secouer le rockeur qui conduit le véhicule en question, avant de le supprimer. Le propriétaire de la voiture est le patron d’un bar-club, qu’il ne tarde pas à éliminer à son tour. Jérôme réalise bientôt qu’il a agi trop vite, qu’il se trouve dans une impasse. Le commissaire Kreps a vite compris qui avait tué les deux hommes. Il lui donne un coup de pouce pour la suite. La manipulation va même aller beaucoup plus loin…

Réédité chez Rivages, c’était le premier roman en solo de Jean-Hugues Oppel, publié initialement début 1988. Sans doute peut-on le lire telle une histoire dénonçant des méthodes policières douteuses. Ce serait ignorer la fantaisie grinçante, le décalage narratif, dont savait déjà faire preuve l’auteur. Le cas du carnage de départ n’est pas exactement réaliste. Pourtant, il constitue une entrée en matière convaincante, qui justifie la sanglante vengeance. Soulignons l’écriture précise et nerveuse d’Oppel, qui offre une belle efficacité au récit. Le tempo est vif, la tonalité ironique, le scénario solide. Voilà une bonne occasion de redécouvrir un très bon roman noir.

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