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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Jean-Pierre Alaux : Toulouse-Lautrec en rit encore (10-18 Ed., 2010)

10-ALAUX-1Avril 1975. Conservateur en chef du Musée des Monuments français passionné par son métier, Séraphin Cantarel est appelé à l’aide par Dorléac, responsable du musée d’Albi. Bien que le Palais de la Berbie ait semblé inviolable dans sa forteresse du Moyen-Âge, deux toiles de Toulouse-Lautrec viennent d’y être dérobées. Il s’agit du premier autoportrait du peintre, réalisé à l’âge de dix-huit ans, et d’une autre œuvre de jeunesse, le portrait du garçon de ferme Routy. Des tableaux majeurs, même si leur cote est plus faible que celle des toiles parisiennes de Toulouse-Lautrec. Venu de Toulouse, le commissaire Coustot a débuté son enquête. Les voleurs semblent avoir neutralisé le système d’alarme, mais on ne peut exclure des complicités sur place. Le veilleur de nuit Paul Dupuy a justement disparu. Puis c’est l’honnête concierge Labatut qu’on retrouve pendu dans les caves, ce qui parait être un inexplicable suicide.

Séraphin Cantarel est rejoint à Albi par le jeune Théo, son fils spirituel, afin qu’il mène une enquête parallèle. Pourquoi avoir volé ces tableaux-là, telle est la première question qui se pose. On pourrait s’interroger sur la sensuelle épouse du concierge et leurs deux fainéants de fils. Mais c’est d’abord au cas de Dupuy, homosexuel avéré, que s’intéresse le policier Coustot. Le disparu avait reçu une lettre de menaces anonyme. Dorval, un des gardiens du musée, a un passé peu flatteur. Il fut l’amant de Dupuy, même s’il prétend avoir tourné la page. Dorval révèle que, à cause d’envahissantes chauves-souris, l’alarme n’était pas toujours branchée par le défunt concierge. Tandis que Dorléac a des problèmes pour organiser sa future exposition consacrée à Monet, Séraphin Cantarel et Théo pensent que la lettre de menaces émanent des fils du concierge. La veuve de celui-ci est questionnée en finesse par Théo, pas insensible à son charme.

Du côté d’Andorre, on retrouve trois cadres des toiles de Toulouse-Lautrec, alors que seulement deux tableaux ont été volés. Le troisième est pourtant encore dans le musée albigeois. La police s’intéresse à la personnalité de Paul Dupuy. Le gardien disparu admirait Toulouse-Lautrec. Jusqu’à s’identifier au peintre, avec lequel il avait des points communs ? Niant toute complicité dans les vols, le gardien Dorval affirme que Dupuy était endetté, peut-être à cause d’un chantage. Hélène, l’épouse de Séraphin Cantarel, est arrivée à Albi. Les trésors de la cathédrale Sainte-Cécile la passionnent plus que cette affaire. Dans un hangar puant de La Gravière, les enquêteurs découvrent un bien curieux cadavre de femme. Le commissaire Coustot met la pression sur les fils du concierge. Ils ne sont toutefois pas les seuls à cacher des secrets…

L’ombre de Toulouse-Lautrec plane sur ce roman inédit de Jean-Pierre Alaux. Si le peintre nous est présenté à travers des anecdotes précises, on n’a aucun mal à imaginer son contexte familial, son parcours artistique, et ses excentricités au cœur des nuits parisiennes. Attachant personnage difforme à l’indéniable talent, il reste une figure de l’Histoire de la peinture. Amateur de bons repas arrosés de vin de Gaillac, Séraphin Cantarel est un membre de cette bourgeoisie cultivée qui se situe bien dans l’époque, le milieu des années 1970. Avec son jeune ami Théo, plus intrépide et attiré par toutes les femmes, ils observent autant qu’ils enquêtent. Il est vrai que les suspects ne manquent évidemment pas. Les rares indices finissent par offrir des pistes utiles. La fluidité de ce roman fort agréable nous invite à une balade en pays albigeois, entre mystère et culture.

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