Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

1850 chroniques - faites défiler la page - ou cliquez sur l'initale du nom de l'auteur recherché

Max Obione : Scarelife (Krakoen, 2010)

10-OBIONEMosley J.Varell vivote dans un coin paumé du Montana. Ayant purgé dix années de réclusion au pénitencier de Potern Bay, Mosley est scénariste pour des dessins animés, et prépare les bases d’un film sur David Goodis. Sa compagne Bess fut jadis une jolie comédienne, mais plus aucune passion n’existe entre eux. Elle préfère forniquer dans son dos avec ce rougeaud de Joey. Mosley reçoit un courrier d’Edwin Varell, son père qu’il déteste profondément. Malgré les mauvais souvenirs liés à celui-ci, Mosley décide de se rendre à Rochelle (en Louisiane) où vit son père. Il doit faire le trajet en bus, seul moyen de transport qui lui convienne. Le hasard lui fait rencontrer la belle Leen, ce qui est l’occasion d’une étape chez elle à Tykerall. La présence du mari invalide de la jeune femme ne les empêche pas de faire l’amour. Avant de quitter Leen, Mosley lui rend un service : il supprime sans états d’âme le mari inutile. Il poursuit sa route dans le camion de Sanchez Smith, un routier transportant des bibles. Mosley n’aime pas les bondieuseries, la religion exemplaire. Puis il monte dans la Chevrolet de jeunes crevards junkies. Ils ne devraient pas prendre Mosley pour un faible.

L’enquêteur Herbie Erbs n’a jamais digéré la relative clémence dont bénéficia Mosley. Sa petite taille a souvent desservi ce policier : “Minicop, pour les potes. Le Nain, pour les autres. À sa nomination comme détective à la criminelle, on lui avait attribué un partenaire costaud afin de ne pas ternir le sérieux de la police de L.A. tant son air de Droopy déclanchait l’hilarité quand il débarquait sur les scènes de crimes.” Toutefois, Herbie Erbs est tenace. Il connaît la réalité du passé criminel de Mosley. Grâce à Zeke Fartiker, son ami policier de Missoula, il a confirmation que le voyage vers la Louisiane de Mosley est déjà parsemé de cadavres. Herbie Erbs interroge le chauffeur du bus qu’emprunta son suspect, avant que questionner Leen, veuve depuis peu. Mais il perd bientôt la trace de Mosley. Il va donc aller l’attendre à Rochelle. Quand Mosley rencontre Cody Mulch, ancien taulard Noir, il a grand besoin d’aide. Cody lui donne à manger, à boire, l’héberge. Son amie Molly Mae a un remède miracle pour soigner les mains abîmées de Mosley. Le duo qu’il va former avec Cody est entraîné dans une suite de mésaventures virant généralement au carnage. Après une étape dans un ranch, ils continuent vers leur but, la Louisiane…

Cette noire road-story s’affiche comme un hommage au romancier David Goodis, apôtre de la fatalité, du destin inéluctable attirant ses victimes vers le pire. La vie du héros de “Scarelife” a été marquée par de sombres épisodes, à l’image de celle de Goodis, qui en tira des scènes fortes. Mosley J.Varell n’est pas un tendre, mais il manque de ce cynisme qui lui permettrait de maîtriser sa vie. S’il élimine quelques nuisibles (selon ses critères), rien de glorieux dans ses actes. D’ailleurs, il traverse plus qu’un autre des moments difficiles. Son adversaire policier, belle caricature du flic disgracieux et teigneux, n’est pas plus chanceux. Cette histoire respecte un certain nombre de codes du roman noir. Par exemple, aucune des femmes croisées par le héros n’a vocation à le sauver. Et l’on devine que c’est une fuite en avant qui ne peut se terminer en “happy end”. Un roman dans l’esprit de ces “black novels”, qui nous rappellent qu’aucun d’entre nous ne sortira vivant de cette curieuse expérience qu’on nomme la vie...

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :