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Publié par CLN

 
13-COLAS-1955
L'Américain Johnny Jordan voulait devenir un grand journaliste. S'il fut reporter de guerre, il resta quelques temps en Europe dès 1945. Quelques traficotages de marché noir, puis divers métiers aléatoires lui permirent de subsister. Ensuite, Johnny tenta sa chance en Amérique Centrale. À Puerto-Negro, son comparse Alvarez et lui firent de la contrebande, avant de devoir arrêter. Johnny dut quitter Gina, sa séduisante petite amie, afin de rentrer en Europe. Il ne s'enrichit pas davantage, et finit par échouer à Lisbonne. Il s'arrange pour entrer en contact avec le gras armateur Moreno. L'un de ses cargos, Le Mozambique, doit partir pour Puerto-Negro. Moreno propose une mission à Johnny, pour cinq mille dollars. Il négocie, obtenant le double. Il s'agit de mettre fin à du piratage maritime. Deux navires de Moreno ont été attaqués, leur cargaison volée. Le matériel transporté par les cargos, ce sont certainement des armes. Johnny embarque sur Le Mozambique.
Peu avant l'arrivée, agressé dans la cale du cargo, Johnny soupçonne fort le commandant. Il ne dévoile pas sa mission à Sammy Kern, l'agent de Moreno à Puerto-Negro. Johnny ne tarde pas à se ré-installer chez Alvarez, qui tient un bistrot avec sa femme Boubica. Celle-ci n'est pas ravie du retour de Johnny. Bien informé, Alvarez conseille à son ami de se méfier des dangereux adversaires qu'il devra affronter. Gina n'habite évidemment plus ici. On peut la trouver au club Habaneira, dirigé par le nommé Diégo. Les retrouvailles entre Johnny et Gina sont plus que mitigées, la jeune femme restant distante. C'est parce que, après le départ de son amant, elle a fini par épouser Diégo. Ce dernier semble en affaires avec Sammy Kern, l'agent de Moreno. Activités illicites, à n'en pas douter. Après une nouvelle rugueuse rencontre, le commandant du Mozambique et Johnny finissent par sympathiser. Il lui offre une piste possible, la crique du Moro.
C'est dans cette anse que mouille le bateau de Lopez, ravitailleur de phares. Peut-être bien le navire qui sert à attaquer les cargaisons de Moreno. Johnny secoue Sammy Kern, qui admet sa complicité dans les trafics locaux. Au club Habaneira, face à Diégo, Johnny et Gina font semblant d'être étrangers. Lors d'un détour par le miteux bordel Paradise, Johnny est impliqué dans une bagarre contre des Marines. Peu après, on retrouve Kern, tué dans son bureau. Johnny risque des ennuis avec les flics. Heureusement, l'inspecteur Da Silva n'est pas trop borné. Entre-temps, Moreno est arrivé à Puerto-Negro. Johnny ira au bout de sa mission, avec l'aide d'Alvarez et de la belle Gina...
- “Ça va barder” est un film français de John Berry sorti fin mars 1955. Rappelons que ce cinéaste (né à New York en 1917, décédé à Paris en 1999) fut dans son pays une victime du maccarthysme. Inscrit sur la liste noire lui interdisant d'exercer son métier, il s'exila en France au début de la décennie 1950. Le héros se nomme ici Johnny Jordan, incarné par Eddie Constantine. Ami de John Berry, celui-ci l'avait suivi en France. Ensemble, ils ont tourné aussi “Je suis un sentimental” (1955) et “À tout casser” (1968, avec Johnny Hallyday). S'il joua le rôle de Lemmy Caution, le héros de Peter Cheney, le comédien Eddie Constantine (1917-1993) fut en grande partie abonné aux films de série B. Il interpréta des aventuriers généralement bagarreurs, parfois agents officieux. Des films à prendre au second degré, riches en péripéties mouvementées et en jolies partenaires pour Eddie Constantine. Il signa en 1955 dans la collection Un Mystère le roman “Votre dévoué Blake”, plus sûrement écrit par un auteur-maison.
Il est entouré dans “Ça va barder” de May Britt (Suédoise née en 1933, repérée par le producteur Carlo Ponti, elle tourna surtout jusqu'en 1960, et fut mariée huit ans à Sammy Davis Jr), Monique Van Vooren, Irène Galter, Roger Saget, Jean Danet, Clément Harari, Lyla Rocco, Évelyne Rey. Jess Hahn ou Pierre Brice étant des comédiens hélas oubliés, tout juste relève-t-on le nom de Jean Carmet (dans le rôle d'Alvarez, le meilleur copain de Johnny Jordan). Sur une histoire de John Berry et Henri-François Rey, les dialogues sont de Jacques-Laurent Bost et le scénario de Jacques Nahum. Ce dernier sera, dès les années 1970, le producteur des séries télés adaptées d'Arsène Lupin.
Ce film a été novellisé dans la collection Spécial-Suspense (n°70B) du Fleuve Noir, sous le pseudonyme de Michel Colas. Ne perdons pas notre temps à chercher de qui il s'agissait. Ce pseudo n'a été utilisé qu'une seule fois. C'est un auteur chevronné qui a transposé le film. L'histoire étant racontée à la première personne par le héros, ça donne une belle vivacité au récit. Décor tropical pour un pur roman d'aventure, où se succèdent les scènes agitées, dans la meilleure tradition. Un brin d'humour et un peu d'amour, mais ce sont les rebondissements qui priment. Un suspense typique de cette époque, encore très agréable à lire grâce à une intrigue bien construite...