Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

1850 chroniques - faites défiler la page - ou cliquez sur l'initale du nom de l'auteur recherché

Michel Quint : Triste comme un enfant (Petits polars du Monde, 2012)

 

12-QUINT-ppmLes romans historiques de Stanislas Carpentier se sont vendus de par le monde à plusieurs millions d’exemplaires. Les succès féminins vont de pair avec ceux de l’édition. À chaque conférence, quantité de femmes sont présentes afin d’admirer ce séduisant écrivain à l’allure désinvolte. Gagnant des fortunes, Carpentier s’est exilé en Belgique, à Tournai, ville de millionnaires. Toutefois, cet auteur est plutôt controversé. Les puristes, dont sa première éditrice, l’accusent de faire écrire ses livres par une équipe de collaborateurs. Ce qui est parfaitement exact. Isabelle Grenier, son amante, est bien la rédactrice finale de ses romans contés par un staff de spécialistes. Stanislas Carpentier se moque intégralement des critiques. Quand il s’adresse à son public charmé, comme ce soir-là à Paris, il fait son show, amusé par les perturbateurs qui tentent de le discréditer.

Sur son portable, il reçoit un message SMS qui ne lui est sûrement pas destiné. C’est signé d’une inconnue prénommée Iulia, qui fixe un rendez-vous pour le lendemain dans le train de Paris à Lille-Flandres. Carpentier contacte en retour l’Italienne mystérieuse. Elle dit avoir peur, sans plus de précision. Avant le départ du train, l’écrivain essaie de repérer la jeune femme dans la foule. Sans doute est-il guidé par des clichés concernant les Italiennes, car elle reste introuvable. Par SMS, il tente de prendre rendez-vous avec Iulia à Lille. C’est encore par téléphone qu’elle lui explique son problème. Divorcée, elle a la garde de son fils Pippo. Le père de l’enfant l’a enlevé, et se cache quelque part dans la région lilloise. Bien que disposant de vagues indices, la jeune femme a besoin d’aide. S’il se doute qu’il y a un piège, Carpentier se lance quand même dans l’aventure…

J’ai eu la chance que Michel Quint, rencontré dans un salon du livre, me raconte la genèse de ce texte. À table avec son épouse, ils dissertent sur la Rome antique, au sujet de la caste des Iulia, dont faisait partie Jules César. Michel Quint reçoit alors par erreur un SMS d’une inconnue nommée… Iulia. Énorme coïncidence. On venait de demander un texte inédit à l’heureux auteur de Effroyables jardins. Il n’en fallait pas plus pour inspirer Michel Quint. Pas de mystère dans le joli titre : il vient de Blaise Cendrars. Par contre, l’intrigue va bien plus loin qu’un simple message mal aiguillé par le hasard. L’histoire évoque même une certaine réalité sociologique des banlieues urbaines. Quant à l’écrivain Stanislas Carpentier, son cynisme affiché, est probablement tel un masque de théâtre antique. Scénario et écriture sont, évidemment, de belle qualité.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :