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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Michel Vigneron : Marilyne de Boulogne (Ravet-Anceau, 2008)

09-VIGNERON2008Lieutenant de police au commissariat de Boulogne-sur-Mer, Sylvie élève seule sa fille Sofia, handicapée mentale. Elle est stressée par son métier comme par les contraintes liées à son enfant. C’est une policière efficace et une mère attentive, mais elle a tendance à abuser de l’alcool. Ce qui entraîne parfois chez elle des idées sombres, voire suicidaires. Entre petits voleurs, rixe entre jeunes, et autres affaires minables, une certaine routine s’est installée. La mère de Marilyne Beauvois vient une nouvelle fois signaler la disparition de sa fille majeure. La police connaît bien les frasques de la jeune femme.

Marilyne est une exhibitionniste affamée de sexe, prête à copuler avec n’importe qui. Les collègues de Sylvie estiment son cas sans intérêt. Sans doute a-t-elle une fois encore suivi quelque beau mâle. Sylvie s‘interroge. Elle rencontre son dernier compagnon en date, dans la maison pouilleuse où ce Bernard Couvelard vivait avec Marilyne. Il dit ignorer où elle est partie depuis deux mois, regrettant simplement leurs délires sexuels. L’arrestation d’un médiocre trafiquant de drogue offre une piste à Sylvie. Marilyne tournait dans des vidéos X amateurs, des films tournés par Couvelard, puant la vulgarité.

Sylvie se demande si, en effet, elle ne perd pas son temps : « À quoi bon gaspiller son énergie pour cette vicieuse…? » Un cas de fraude à la carte bancaire relance l’affaire : Couvelard a utilisé celle de Marilyne. Dans le désordre de sa masure, on retrouve une nuisette tâchée de sang. Ses antécédents, les traumatismes d’une enfance dans la violence, font de Couvelard un bon suspect, habité du goût de la mort.

La dernière vidéo de Marilyne réunissait un paysan primitif et un vétérinaire. Ce dernier se suicide. La sœur du pervers paysan signale qu’un accident s’est produit en tournant ce film. L’homme admet une pénétration sanglante, affirmant que Marilyne a été soignée. Couvelard meurt, percuté par un train. Sylvie n’a plus qu’un coupable, le paysan qui nie. Écœurée, mais manquant de preuve, elle abat cet homme. Sylvie s’est trompée, car la disparue revient. En prison, elle décide d’en finir…

C’est avec un réalisme noir, et même glauque, que l’auteur nous raconte le quotidien de cette enquêtrice. Policier lui-même, il livre ici les états d’âmes de sa corporation, mal vécus par une femme déjà éprouvée dans sa vie de mère. Il n’est pas avare de détails sordides sur les mœurs de certains dépravés. Notons aussi des descriptions évocatrices : “Plus elle s’approchait, plus l’odeur épaisse de déchets ménagers était forte. Des restes de bouillies et de diarrhées finissaient de sécher au pied d’un pommier malingre, tandis qu’au milieu de ce qui fut un massif de fleurs agonisait la carcasse éventrée d’une machine à laver.” Avec Sylvie, on découvre l’univers nauséeux de la disparue. Un roman sombre et percutant.

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