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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Noël Calef : Ascenseur pour l’échafaud (Livre de Poche)

12-CALEF-LPMarié à Geneviève, séducteur avéré, Julien Courtois dirige la société EXIM. Ayant commis diverses malversations au détriment de son beau-frère Georges, Courtois est aux abois. Ce samedi, il a rendez-vous avec son voisin d’immeuble, Bordgris, un usurier. Il est temps de rembourser une lourde traite, mais il n’a pas l’argent. Tout en se ménageant un alibi, Courtois abat Bordgris. On pensera à un suicide, grâce à la mise en scène qu’il a arrangée. Le cauchemar n’est pas fini car, troublé par son acte, Courtois retourne dans l’immeuble après la fermeture. Il se retrouve bloqué dans l’ascenseur, jusqu’au lundi matin. Pendant ce temps, un jeune couple a volé sa voiture stationnée devant l’immeuble. Fred et Thérésa s’offrent un week-end dans une auberge de Marly-le-Roi. Fils rebelle d’un père bourgeois, Fred n’a pas un sou. Il se rêve intello, producteur de cinéma. De milieu modeste, Thérésa semble fascinée par l’audace de son compagnon.

Courtois n’étant pas rentré chez eux comme annoncé, Geneviève est inquiète. Elle l’imagine parti en week-end avec une de ses conquêtes féminines. Elle cherche de l’aide chez son frère Georges. Sa belle-sœur Jeanne ne cache pas sa sévérité envers Geneviève qui a la vie trop facile. Geneviève parle de divorcer. Elle dévoile à Georges les arnaques que Courtois a commis contre lui. Elle va confier à son frère, qui pense porter plainte bientôt pour escroqueries, les véritables livres de comptes de son mari. Geneviève et Georges signalent la disparition de Courtois à la police, avant de rechercher vainement celui-ci à Pigalle. Dès le lendemain, l’inspecteur Givral contacte le frère et la sœur. Pour tous les trois, ça ressemble à une probable fuite de Courtois face aux ennuis qui lui pendaient au nez. Courtois utilise toute son énergie pour tenter une impossible sortie acrobatique, mais il est toujours bloqué dans l’ascenseur. Il ne peut qu’attendre lundi.

Givral s’invite chez Denise, la secrétaire de Courtois, car Geneviève pensait qu’il pouvait se trouver avec elle. Ce n’est pas le cas. Observés par le vieux couple d’hôteliers, Fred et Thérésa (sous le nom de M.et Mme Courtois) se veulent discrets. Quant à payer leur chambre, ce sera difficile. Fred apprend que Thérésa est enceinte, ce qui augure pour eux d’un avenir encore plus incertain. Un couple franco-brésilien est de passage, logeant dans leur caravane non loin de là. Eux, ils ne manquent pas d’argent, se dit Fred. Dans l’immeuble de Courtois, le temps passe lentement. Jusqu’au lundi matin, où l’on découvrira le cadavre de l’usurier Bordgris. Courtois peut espérer en finir avec cette mésaventure, mais elle n’est pas sans conséquences…

Il s’agit d’un remarquable suspense, d’un roman exemplaire. Il faut conseiller à tout nouvel auteur de le lire et de s’en imprégner. Il serait absurde de dire que ce roman est daté sous prétexte qu’il fut publié en 1956. Certes, la vie moderne d’alors nous apparaît bien ancienne. Néanmoins, à l’instar d’un polar historique, on peut y voir un témoignage sur cette époque. Par exemple, posséder une Frégate rouge indiquait une évidente envie de frimer, ou décider d’un divorce impliquait bien plus de complications que de nos jours. On ne peut donc sûrement pas estimer que ce roman ait tant vieilli. Soulignons en particulier l’unité de temps, puisque l’essentiel de l’histoire s’étale du samedi soir au lundi matin. Basée sur un subtil chassé-croisé, la construction de l’intrigue est parfaite. Au rythme du récit, on suit sans s’y perdre chacun des protagonistes. Psychologie et comportement des personnages sont tous d’une justesse admirable. Tel ce jeune couple plus paumé que rebelle, ou l’épouse bourgeoise trop protégée de Courtois. L’enquête judiciaire finale ajoute à l’ironie du sort qui a placé Courtois dans une position indéfendable. Ascenseur pour l’échafaud reste un vrai classique de la Littérature policière.

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