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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Olivier Delorme : L’Or d’Alexandre (Éd. H&O, 2008)

08-DelormeAncien chef de chantier, victime d’une accident de moto, Philippe est un boursicoteur avisé. Il vit à Paris avec Stéphane, universitaire féru d’archéologie, enseignant à Tours. Celui-ci participe à un colloque au Louvre, quand son amie grecque Athina Poulakas est assassinée en ces lieux. Elle a été transpercée par deux javelots. Ce qui rappelle à Stéphane un épisode de l’Iliade. Chargé de l’enquête, le commissaire Chevêche n’est pas inculte. Il écoute les supputations de Stéphane. Dans le même temps, la meilleure amie du couple est arrêtée. Conservatrice au Louvre, Marion est accusée de participer à un trafic de faux tableaux. Philippe est moins sûr que Stéphane de la probité de Marion, mais il n’ignore pas les rivalités existant entre plusieurs responsables du musée.

Achille Blézieux, le vieux Maître de Stéphane, est lui aussi victime d’un meurtre. La police suspecte bientôt deux curieux internautes, imaginant que leur jeu de rôle les a conduits au crime. Une piste peu crédible, selon Stéphane. Libérée, Marion disparaît peu après pour mener sa propre enquête. Aux obsèques de Blézieux, Stéphane s’interroge sur les malveillants collègues de Marion et du défunt. Philippe, Stéphane et Malika, leur auxiliaire de vie, partent ensuite pour un séjour en Grèce, dans leur « fief ». À Delphes et au petit musée de Lidoriki, ainsi que dans les travaux d’Athina, Stéphane recherche quelques précieux indices. Il n’exclut pas qu’il y ait de fausses pièces dans la prestigieuse exposition sur « l’Or d’Alexandre », actuellement au Louvre.

Un banquier Suisse a été assassiné par son garde du corps croate, ce qui n’est pas sans rapport avec leur affaire. Marion s’est informée sur les spoliations d’œuvres d’art par les nazis. Certaines toiles connurent des parcours étranges. Peut-être un début d’explication pour les faux tableaux. La Ratline du Vatican (évacuation d’anciens nazis) et l’histoire des Oustachis durant la Seconde Guerre Mondiale mènent Stéphane sur la piste d’un monastère croate, à Senj. Pour établir le lien entre les comptes secrets du Vatican et leur financement des mercenaires de Pax and Securitas, il doit démontrer qu’un trafic de faux tableaux est organisé par les proches du Pape. Le réseau en question est très efficace quand il s’agit de supprimer les témoins gênants…

Homophobes s’abstenir, car la vie privée de Stéphane et Philippe est largement évoquée. Ce qui apporte un certain humour à ce récit, raconté alternativement par l’un et l’autre. Soulignons de subtils clins d’œil, et quelques sympathiques digressions (sur la Finance actuelle, l’état de la Justice et des prisons, par exemple). Lui-même universitaire, l’auteur est logiquement bien documenté sur l’antiquité grecque. Il prend aussi un plaisir évident à ironiser sur « la racaille épiscopale », les prélats collabos, soulignant l’intolérance toujours d’actualité des milieux ultra-catholiques. Quant à l’intrigue criminelle proprement dite, elle est tortueuse à souhait. Ce qui entraîne nos héros (y compris Marion) dans une vertigineuse suite de péripéties mêlant culture et trafics. Sûrement pas un pur polar, mais un roman diablement singulier.

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