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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Olivier Maulin : Le dernier contrat (Éd.La Branche, 2012)

12-MAULINIl se fait appeler Joseph Victor. Sa silhouette d’homme à chapeau doit lui donner une allure sérieuse. On le sent attentif, méticuleux, peu expansif. C’est un tueur à gages, de ceux qui éliminent sans mise en scène, avec efficacité. Bien que le chaos règne partout en France actuellement, ça ne semble pas le perturber. Il a rendez-vous nocturne avec un intermédiaire pour un contrat. Sur place, il trouve le cadavre de ce Luc Mornais. Il récupère l’argent destiné à l’avance sur contrat. Bientôt pourchassé, il ne tarde pas à buter les deux assassins de Mornais. Des pros rôdés au combat, pourtant. Joseph Victor n’a plus de raison de s’éterniser dans cette ville. Rentré à Paris, il fouille clandestinement l’appartement de Luc Mornais. Il repère un indice, mais doit vite prendre la fuite car la police arrive. Il se trouve brouillon sur cette affaire, s’alcoolisant aussi un peu trop.

Les émeutes s’amplifient à Paris. Le Ministre de l’Intérieur ayant été abattu, on a imposé le couvre-feu. Au volant d’une Porsche louée, Joseph Victor débarque à Barcelonnette. Florence, la réceptionniste de l’hôtel, est une ravissante jeune femme. Mais ce qui prime pour le tueur à gage, c’est d’entrer en contact avec le nommé Esposito. Cet ami de Luc Mornais, qui dirige un centre équestre, est sa seule piste pour connaître la mission qu’on attend de lui. Joseph Victor affiche à peine sa surprise quand Esposito lui présente Frère-la-Colère. Ce moine exalté est devenu le symbole des troubles secouant le pays. Grâce à ses vidéos sur Internet, il galvanise les foules, en fédérateur de l’insurrection. Dans sa planque en pleine campagne, Frère-la-Colère est parfaitement protégé par ses gardes du corps. C’est aussi là que se trouve son centre opérationnel informatique.

Quand on apprend que Paris se hérisse de barricades, l’ambiance est au beau fixe dans l’entourage de Frère-la-Colère. Pour faire définitivement basculer les choses, le moine sait qu’il n’y a qu’une solution. Il engage Joseph Victor pour abattre le Président de la République. Si l’euphorie règne, la menace n’est pas loin. Grâce à une alliée siffleuse, le tueur à gages débusque un commando de deux hommes, du même genre que les assassins de Luc Mornais. Direction Paris pour Joseph Victor, Frère-la-Colère et son équipe. Le moine fait des apparitions remarquées, tandis que le combat de rue se radicalise face à l’augmentation du nombre de militaires. Accompagné de la farouche Emmanuelle, le tueur à gages prépare l’opération qui aura lieu durant le défilé du samedi 14 juillet…

Le contexte de cette fiction est évidemment exagéré. La France n’est pas dirigée par une élite ploutocratique, qu’on pourrait ainsi stigmatiser: Le désordre est dans leurs mœurs. Dans cet appât du gain qui est devenu leur dernière religion. Dans ce cynisme qui est leur unique morale… Un monde où l’homme n’est plus un frère pour l’homme, mais son prédateur… Un monde bâti pour le profit exclusif d’une petite minorité de puissants. Un monde où toute vie sociale est strictement assimilée au marché… Ils nous ont asservis par le bien-être, ils nous ont lobotomisés à coup de soldes, ils nous ont rendus esclave de la matière. Ils ont voulu faire de nous des chiens… Si tel était le cas, on ne se contenterait pas de s’indigner, on se révolterait sûrement comme dans cette histoire.

Cette toile de fond est esquissée par l’auteur, sans forcer la caricature. Frère-la-Colère développe une utopie altruiste. Le rôle du tueur est d’aller froidement au bout de son ultime mission. Ses actes sont décrits avec soin, tels qu’il les vit. Pas totalement sans états d’âme, en témoigne son dépressif excès d’alcool. Sans doute sait-il être un de ces Mohicans (dixit le moine) qui devra bientôt ranger les armes. Les paisibles épisodes bucoliques alternent avec les moments de tension. Difficile de préciser ce qui en fait l’attrait, néanmoins Le dernier contrat est un suspense captivant. Mais où est donc le vendredi 13, thème de la collection ? Patience, il vient en son temps, ainsi que toutes les pièces de ce roman.

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