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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Pascal Jahouel : Dix de derche (Krakoen, 2009)

09-JAHOUELC’est l’été à Rouen, quand le policier Bertrand Hilaire Lejeune reprend son poste. Le commissaire Chassevent, son impulsif supérieur, est encore en vacances, tant mieux. Un éminent membre de la CCI, Jean-Denis Charoux, a été retrouvé mort par noyade. Ça semble être un décès accidentel. Mais Florence, amie intime de Charoux, n’est pas de cet avis. Leur couple illégitime fréquentait des clubs échangistes et s‘affichait sur Internet. Laissant à son collègue facho Begood le soin de s’informer sur les sites web spécialisés, Lejeune va explorer “le jardin secret de ce gros bonnet”. Dans la propriété de Charoux, en pleine cambrousse, il fait connaissance de sa famille. Lejeune est troublé par la beauté distingué d’Apolline, la veuve. Celle-ci n’ignorait pas les écarts pervers de son époux, mais se montrait tolérante. Plus disgracieuse, sa fille Pélagie est une snobinarde catho, fiancée à un jeune homme du même monde, Raphy. Celui que tous désignent sans vraiment l’accuser, c’est le fils Cyprien.

Lejeune le rencontre dans son squat d’artistes. Le jeune peintre est aux antipodes de sa famille, et l’assume. Il admet avoir été en conflit avec son père, à cause du squat pour lequel tous deux avaient des projets opposés. À coup sûr, c’est bien Cyprien qui fait le meilleur suspect. Après avoir un peu secoué son collègue Begood, dont le mépris l’irritait, Lejeune retrouve la belle Florence à la CCI. Charoux était ici puissant et respecté. Comme les autres, l’amante du défunt accuse Cyprien. Mais il y a aussi le cas d’un certain Goncelin, ruiné à cause de Charoux. Avant de suivre cette piste, à Bruxelles où s’est exilé l’homme en question, Lejeune se doit d’amadouer son chef. Le commissaire Chassevent est de retour, toujours aussi volcanique. Après avoir séduit la bonniche des Charoux et obtenu quelques confidences, Lejeune va prendre l’air bruxellois. Goncelin l’accueille avec sympathie et moult bières, dont-ils arrosent la soirée ensemble. Quand le policier rentre à Rouen, Begood et Chassevent ont trouvé leur coupable sur mesure. Il y a de l’erreur judiciaire en vue…

D’un esprit indépendant, égaré dans la police, l’impétueux Lejeune est volontiers bagarreur. Il ne dédaigne pas les brèves expériences sexuelles, et dépasse facilement les doses alcoolisées : “Quand la boucle est bouclée et que je prétends repiquer à une gavotte, mais de rhum cette fois, dans mon bar de départ, le tenancier décide unilatéralement que j’ai assez bu. Ah, l’effronté ! Personne ne pourra me jeter la pierre si je prétends que c’est un bel enculé.” Il a le vocable classieux, notre héros. Peut-être n’est-il pas indispensable d’argotiser autant, mais c’est par son langage que le policier nous entraîne avec lui dans ses aventures. Son anti-conformisme est un régal. L’intrigue purement “criminelle” est présente, sans être essentielle, ce qui est aussi bien. Les romans de Pascal Jahouel se lisent toujours avec grand plaisir.

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