Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

1850 chroniques - faites défiler la page - ou cliquez sur l'initale du nom de l'auteur recherché

Pascal Martin : La traque des maîtres flamands (Presses de la Cité, 2008)

08-MARTIN-Pascal-2Le saxophoniste Saint-Sauveur donne une série de concerts à Paris avec son trio. Il en profite pour se renseigner sur ses origines parentales. Ce qui l’oblige à s’occuper d’un petit chien aussi laid que lubrique, Bambi, vite rebaptisé Buridan. Foch, le fantomatique patron de l’Œuvre lui confie une mission, comme toujours assez imprécise. Il doit rejoindre en Flandres un nommé Wildenstein, propriétaire en titre d’une collection de tableaux. D’une grande valeur, ces toiles de peintres primitifs flamands sont actuellement la cible d’un gang de violents voleurs. Quand Saint-Sauveur s’informe au bistrot de Bailleul, on ne connaît Wildenstein que sous le nom de Gordo. Son parcours de vie et sa puissante R8 Gordini justifient le sobriquet.

Cet original adopte bientôt Saint-Sauveur. Gordo s’explique : il accepte que ses tableaux soient exposés dans des musées, mais refuse que des privés les gardent. En particulier, une toile de Pétrus Christus qui symbolise le souvenir de son père. Saint-Sauveur fait la connaissance du frère de cœur de Gordo, Fulgence. Cet ancien taupier se fait appeler Le Fouaneur. Le trio se rend à Bruges, où Gordo pense retrouver la trace du tableau de Pétrus Christus. Ils doivent se méfier du gang des primitifs qui, sans doute, les espionne. L’Hôtel des Impôts est une maison close tenue par la vieille Adèle, avec sa fille Clémentine, et sa petite-fille Louise. Gordo y rencontrera Adèle.

La commissaire Fulvia Materazzi est chef du service d’enquête sur les vols d’œuvres d’art. Depuis que Gordo pris contact avec Foch, elle suit discrètement l’affaire. Fulvia a une raison personnelle de s’intéresser au tableau de Pétrus Christus. Il représente une jeune femme, son sosie. Elle est épaulée par l’inspecteur Mignoni, qui connaît bien les coureurs de nuits envoyés par Foch. Il éprouve même une sympathie certaine pour Saint-Sauveur. Fulvia et Mignoni se rendent à Bruges. Outre les autorités locales, ce dossier concerne Pretorius Van der Linden. Pour cet ancien agent secret, patriote âgé redoutant la partition de la Belgique, le gang des primitifs est une ramification de l’affaire des tueurs du Brabant, jamais vraiment résolue.

Après un vol dans un musée, c’est un curé de Zeebrugge qui est tué, probablement par le gang. L’obèse Adèle fait attendre plusieurs nuits Gordo et ses amis avant de les recevoir au bordel. Ce qui a permis à Louise et Saint-Sauveur de devenir amants. Gordo propose une transaction à Adèle, deux toiles de Dirk Bouts contre le tableau de Pétrus Christus. Âpre négociation, qui n’aboutira pas. Car les deux toiles sont volées, tandis qu’Adèle est décapitée dans le bordel saccagé. Menée par Fulvia Materazzi, la police interroge Gordo, Le Fouaneur, Saint-Sauveur, Clémentine et Louise. Fulvia soupçonne cette dernière de savoir où est caché le Pétrus Christus.

Pretorius pense trouver une piste dans les égouts de Bruges, initiative qui va lui être fatale. Selon Gordo, Adèle était la chef du gang des primitifs. Le tableau convoité serait donc perdu. Le trio rentre à Bailleul, pour ne pas manquer le carnaval. Lors de la fête, Gordo et Le Fouaneur sont poignardés par Clémentine et des complices grimés. Elle se venge des assassins de sa mère Adèle. Le gang n’a jamais existé, invention des deux frères, dont Louise fut la complice. Leur butin se trouve dans une cave, chez Le Fouaneur. Louise est victime des pièges du vieux taupier. Mignoni est d’accord avec Saint-Sauveur pour que Foch garde les précieux tableaux. Surtout le Pétrus Christus, qu’il ne veut pas rendre à Fulvia Materazzi…

Peut-être plus encore que pour ses précédents titres, Pascal Martin fait preuve d’une grande originalité et d’une belle maîtrise. Dans une ambiance mystérieuse, que Saint-Sauveur qualifie de théâtre d’ombres, le scénario foisonne de péripéties. Sans doute est-ce la R8 Gordini, bolide de légende, qui imprime son rythme soutenu au récit. Entre estaminet typique des Flandres, casse automobile protégée par une tonitruante alarme, musées ou cathédrales abritant des œuvres inestimables, égouts peu ragoûtants, et bordel de qualité, les décors sont choisis pour leur singularité. Saint-Sauveur et le chien Buridan sont, bien sûr, un souriant clin d’œil aux héros d’Hergé, Tintin et Milou. L’auteur ne manque pas de souligner les traditions nordistes, et esquisse la question des dissensions actuelles entre Flamands et Wallons. Un roman d’action et de suspense captivant, qui confirme le talent inventif de Pascal Martin.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :