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Publié par CLN

13-REDMOND-2003Automne 1954. Kirkston Abbey est une public school anglaise près de Norwich. Jonathan Palmer, 14 ans, y est pensionnaire. Il a pour ami Nicholas Scott, et les jumeaux Stephen et Michael Perriman. S’il éprouve des difficultés à s’intégrer, c’est à cause de James Wheatley. Avec deux complices, ils font peur à beaucoup d’élèves, leur imposant de violentes brimades. Le prof de latin est aussi très sévère avec Jonathan. Alan Stewart, prof d’histoire, se montre plus chaleureux. C’est à l’insolent et solitaire Richard Rokeby que Jonathan aimerait ressembler. Il s’efforce de devenir l’ami de cet élève distant, que les profs et le principal Clive Howard considèrent comme une source d’ennuis.

Richard et Jonathan deviennent inséparables, ce qui attriste Nicholas Scott. Il tente de lutter contre l’emprise de Richard, mais Jonathan s’éloigne de lui et des jumeaux. Richard protège son ami de ceux qui le tourmentent. Resté seul après que ses deux complices aient eu des problèmes, James Wheatley refuse de dormir. Il est victime d’un accident. On affirme qu’il était somnambule.

Alan Stewart s’inquiète de la mauvaise influence de Richard sur Jonathan. Ce prof fut l’ami intime d’un étudiant qui s’est suicidé quelques semaines plus tôt. Ayant compris la nature de leur relation, Richard le menace anonymement. Il s’attaque aussi au principal Howard, qui a voulu les séparer, jugeant Richard destructeur. Jonathan réalise enfin combien son haineux ami est néfaste. Il ne sait pas comment se libérer de lui. Nicholas veut l’aider. Le 9 décembre, plusieurs faits dramatiques se produisent en peu de temps. Avec Michael Perriman, Nicholas décide d’affronter Richard. La réaction de celui-ci est plus violente que jamais...

Sans doute, Patrick Redmond est-il un auteur qui aura trop peu marqué les esprits. Outre "Méchants garçons" (Le Masque, 2003), "Le manipulateur" (Pocket, 2003) et "Tout ce qu'elle a toujours désiré" (Plon, 2007) sont les seuls titres qu'on connaisse de lui. Pourtant, si l'on en juge par "Méchants garçons", voilà un romancier qui possédait une belle maîtrise du suspense troublant. Car tout est perfection dans cette histoire de qualité supérieure : la vie dans une public school (école privée) des années 1950 à l’ambiance si particulière, la structure et la progression du récit, la subtile psychologie des personnages. Dès le début, on sait qu’il y a eu tuerie, mais on espère un impossible miracle. Le charisme de l'élève Richard, qui masque sa haine et son égoïsme monstrueux, séduit avant de devenir effrayant. Les mystères ésotériques du dénouement nous semblent acceptables après avoir lu cette intrigue. Un roman méritant les plus sincères superlatifs, à redécouvrir.