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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Sebastian Fitzek : Ne les crois pas (L’Archipel, 2009)

09-FITZEKBerlin. Alcoolique et suicidaire, Ira Samin est une psychologue de la police qu’on laisse sur la touche. Elle culpabilise depuis le décès d’une de ses filles, Sara. Ce jour-là, Ira a décidé d’en finir. Policier d’une unité de tireurs d’élite et ex-amant de la jeune femme, Götz vient la chercher pour être négociatrice d’une situation de crise. Dans les locaux de la radio 101.5, un homme a pris en otage un groupe de visiteurs, l’animateur et un technicien. Armé, il prétend être harnaché d’une ceinture d’explosifs, mais on ignore encore ses revendications. Il menace de tuer des otages à chaque Cash Call, jeu téléphonique célèbre de la station dont il a modifié les règles. Il en a probablement déjà abattu un, qu’il ne s’attendait pas à voir dans le groupe en visite. Il n’accepte de négocier qu’avec Ira. Steuer, le chef de la police, n’a aucune confiance en elle. Il préfèrerait un assaut rapide, mais Götz admet qu’Ira peut faire évoluer la situation. D’autant qu’on a pu installer une caméra pour observer le studio. Le bureau de Diesel, le rédacteur en chef déjanté de la radio, va servir de base à la négociatrice.

Le preneur d’otage est identifié. Il s’agit de Yann May, un psychologue qui a cessé son activité. Huit mois plus tôt, sa fiancée Leoni a été victime d’un mortel accident de la route. Au moment où on annonçait son décès à Yann, Leoni lui téléphonait en lui demandant de ne pas croire cette version de sa mort. Depuis, on a tout fait pour le dissuader de poser des questions, l’obligeant même à ne plus exercer son métier. Le programme étant repris en direct par toutes les radios berlinoises, Yann dénonce à complot d’État. Il exige d’Ira qu’elle retrouve Leoni, vivante selon lui. Il l’a compris en lisant le rapport d’autopsie, où manque un détail essentiel : la vraie Leoni était enceinte, pas la victime. Quand Steuer envoie un tireur d’élite, Yann tire sur celui-ci. Et Kitty, jeune employée de la station, se cache dans un placard du studio de radio, à l’insu de Yann. Kitty n’est autre que la seconde fille d’Ira, fâchée avec sa mère depuis le suicide de Sara. Le procureur général Faust débarque de son hélico. Niant les élucubrations de Yann, il demande à Ira de gagner du temps à défaut de calmer Yann.

Grâce à Götz, Ira parvient à entrer en contact par talkie-walkie avec Kitty. Toujours hostile vis-à-vis d’Ira, Steuer se demande si certains otages ne seraient pas des complices de Yann. Ce dernier n’est pas dupe quand la police détourne les appels téléphoniques du cruel jeu qu’il organise. Yann confie à Ira que sa fiancée Leoni conservait une part de mystère, y compris sur ses origines russes. De son côté, le rédacteur en chef Diesel trouve la preuve formelle que la photo de l’accident de Leoni est un trucage. Quand Yann détecte la présence de Kitty, l’équipe de Götz est prête à l’assaut. Bien qu’elle soit désormais écartée de l’affaire, Ira continue à être dangereusement impliquée dans la suite…

Après “Thérapie”, son premier roman, où le mystère joue sur certains aspects intimistes, l’auteur change totalement d’ambiance. C’est au centre d’une mise en scène beaucoup plus spectaculaire qu’il place ses héros. En effet, la prise d’otage est suivie à la radio par l’ensemble de la population de Berlin. Yann prétend faire éclater la vérité, mais il se peut qu’il agisse pour un tiers qui veut récupérer Leoni. S’il a vraiment tué deux hommes, son cas apparaît réglé d’avance. Plus que la “disparition” de Leoni, ce sont les secrets qui l’entourent encore qui doivent être éclaircis. Sans nul doute, si elle est vivante, elle reste en danger. Quant à Ira, qu’elle soit au bord du suicide, ce n’est pas exactement ce qui la rend attachante. Certes elle est fragile, mais aussi capable de faire face, dualité de caractère offrant une force au personnage. Toutefois, on devine que l’affaire est pleine de faux-semblants, on n’exclut pas des manipulations, et on doit s’interroger sur le rôle des divers protagonistes. Énigmatique et riche en péripéties, ce deuxième suspense de Sebastian Fitzek est aussi convaincant et solide que le premier.

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