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Les chroniques polars et bédé        de Claude Le Nocher - ABC POLAR

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Serge Scotto : Saint-Pierre et nuque longue (Éd. Baleine, 2008)

08-SCOTTO001Gabriel Lecouvreur survole un faits-divers évoquant la découverte d’un cadavre flottant dans les eaux troubles du Vieux-Port de Marseille. Ça lui rappelle ses vingt ans. Bien que n’ayant pas de permis, il avait pris en auto-stop dans sa 204 décapotable la belle Sabrina, marseillaise d’origine napolitaine. Direction, le Sud. Là-bas, il sympathisa avec Bernard, le frère de Sabrina, qui manageait le groupe de punks Adolf et le chapacans. Gabriel réussit à rivaliser en provoc avec Adolf, le skinhead, et s’amusa bien avec ces musiciens sans grand avenir. Il se souvient que ce sont eux qui inventèrent son surnom, Le Poulpe.

Gabriel ne sera bientôt plus un fringant quadragénaire. Heureusement, sa sensuelle compagne Chéryl est toujours là pour les câlins crapuleux. Gérard et ses amis de son bistrot préféré fêtent l’anniversaire du Poulpe, avec un menu digne de lui. Quelques jours plus tard, alors qu’il promène le chien Léon II, Gabriel rencontre une revenante. Elle s’est grassement arrondie, la pulpeuse Sabrina Costagliotti, devenue agent de voyage. Elle lit dit que le corps retrouvé dans le Vieux-Port, c’est celui de son frère Bernard. Et qu’un autre de leurs amis, Marc, s’est suicidé quelques mois plus tôt, peut-être de façon suspecte. Il n’en faut pas plus à Gabriel pour suivre à nouveau Sabrina jusqu’à Marseille.

Tous deux s’installent dans l’appartement du défunt Bernard. Le Poulpe apprend qu’Adolf - Bob Mauvet de son vrai nom - est depuis peu conseiller municipal de la ville. Grâce à un mariage d’argent, le skinhead s’est mué en homme d’affaires. Au hasard d’une terrasse de brasserie, Gabriel retrouve Nénesse, un ancien des Chapacans. Il a subi une sévère dégringolade, l’ami d’autrefois. Depuis l’époque, il est resté miné par un secret concernant Sabrina et Adolf. Pas de quoi être fier de son manque de courage, en effet. Mais, comme ce n’est pas à lui que Sabrina a des raisons d’en vouloir, ils se réconcilient - autour d’une généreuse bouillabaisse, forcément. Entre-temps, Gabriel a changé d’aspect pour rencontrer dans son bureau du Port autonome Bob Mauvet, ex-Adolf. « Une âme d’hyène en col blanc, dans son bel habit qui fait le moine, sans suffire cependant à masquer l’odeur du charognard » Telle est l’impression que Gabriel ressent à son contact. Pour autant, il ne peut l’accuser sans preuve du meurtre de Bernard...

Ce nouvel épisode du Poulpe est, bien sûr, pour l’auteur l’occasion de nous présenter un portrait de sa ville. Retenons comme exemple d‘un signe des temps, la diatribe de Sabrina contre les pizzas individuelles - à l’opposé de l’esprit marseillais d’un partage convivial de ce plat. Pas si anecdotique, sans doute. Serge Scotto nous offre quelques clins d’œil, citant son propre roman (très réussi) Nous serons les rois de Marseille, ou s’attardant sur le chien Léon, cousin éloigné de son héros le chien Saucisse. À l’approche de la cinquantaine, Le Poulpe constate la fuite du temps, mais reste fidèle à lui-même. Quant à l’intrigue, il suffit de la qualifier de poulpesque, dans la tradition de cette série.

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