Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Claude LE NOCHER

Roger Couderc : Le nez de Siméon (Le Masque, 1965)

Une petite ville du Sud-Ouest de la France dans les années 1960. Un homme vivant depuis un certain temps dans la région est découvert assassiné. Un meurtre n’est pas chose courante ici. La gendarmerie pourrait sans doute s’en occuper, mais on envoie un inspecteur de police de Paris pour enquêter. L’identité mal connue de l’homme, et le curieux message qu’il avait en main (ne serait-ce pas une obscure affaire d’espionnage ?) rendent ce meurtre mystérieux. D’autant que la vieille servante de la victime a disparu.

Siméon, un jeune homme, assistant à la télévision, venu effectuer des repérages, s’improvise détective amateur. La ravissante Sylvie, originaire de la petite ville, accepte de l’aider en le faisant passer pour son fiancé. Dommage que ce ne soit qu’un prétexte, qu’elle soit plutôt attirée par l’inspecteur de police Jean Bruel. La jeune fille a des soupçons sur plusieurs habitants. Ce n’est pas par hasard qu’elle conduit Siméon chez le notaire, chez la femme de l’instituteur (une jolie Roumaine triste), et chez son vieil ami le maire

Le brigadier de gendarmerie est très fier d’avoir arrêté ce bossu qui pourrait bien être le coupable. Supposition risquant de tomber très vite, car un deuxième meurtre vient d’être commis. Est-ce que le «Moujik», personnage bien connu dans le coin, savait réellement quelque chose sur le premier meurtre ? Probablement… Puisqu’il est question de trafic, l’inspecteur Bruel pense trouver des réponses à Paris. Hélas, les «amis» de la première victime ne savent rien. Siméon, lui, avance dans son enquête. Sylvie l’abandonnant un peu, il se trouve un nouvel allié. Malgré un dispositif précis, personne ne peut empêcher un troisième meurtre. Maintenant, Sylvie et le policier pensent que Siméon est l’assassin. Celui-ci réfléchit intensément après avoir rencontré à nouveau les protagonistes de cette histoire. Il les réunit enfin, procède publiquement par élimination. Il prendra des risques pour prouver qui a tué, et pourquoi il a agi ainsi…

 

Il est probable que les générations actuelles aient oublié qui fut Roger Couderc (1918-1984). C'était ce journaliste sportif qui contribua à populariser le rugby à la télévision et à la radio, durant les années 1970. Son enthousiasme l'emportait souvent sur les véritables règles du rugby : "Allez les petits !" étant son cri de guerre. On ignore évidemment qu'il fut l'auteur de deux romans policiers, publiés chez Le Masque : Le nez de Siméon (1965) et La folle nuit de San Francisco (1967). Intrigue classique de bon niveau, courtes scènes s’enchaînant très bien, humour bien dosé, suspense et dénouement fort corrects : Le nez de Siméon reste un roman plutôt réussi, très agréable à lire.