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Publié par Claude LE NOCHER

Yvan Audouard : Pas de panique (Ed.Plon, 1963)

Trois ans plus tôt, Giu avait organisé le braquage d’un transport de fonds. Mais Zé, son vieil adversaire, ayant eu vent de l’affaire, avait intercepté Giu et son frère sitôt après le coup. Zé et ses amis n’avaient pas pu profiter de ce “contre-casse”, car ils avaient été vite repérés. Un arrangement entre truands corses laissa la vie sauve à Zé et aux autres : ils devaient rembourser sur dix ans la somme que Giu aurait dû récolter. Mais le jour même du troisième rendez-vous annuel, Zé vient de mourir de maladie. C’est donc son neveu Antoine qui le représentera chez Giu, et qui paiera comme prévu. Les autres aussi seront présents.

Lorenzo, qui fait dans l’import-export à Tanger, a bien préparé une valise pleine de billets. Bien informé, Giu sait qu’ils ne valent pas grand chose. Dominique (dit Doumé), le second de Lorenzo, impliqué lui aussi dans les paiements, n’était pas d’accord. Mais il risque tout autant d’en subir les conséquences. Si Maurice et Marcel –les jumeaux tueurs– payent sans rien dire, Achille est bien triste de lâcher tant d’argent (bien qu’il ne soit pas dans le besoin) car il était peu concerné par l’affaire. Et puis, il a également des soucis avec sa compagne Brigitte (Germaine, de son vrai nom). Quant au pauvre Jo, de retour des États-Unis, il n’a pas les moyens de payer. Même si Giu l’aime bien, il sait déjà ce qui l’attend.

Antoine paie pour son oncle Zé. Pourtant, le jeune homme a l’intention d’entrer en conflit avec le vieux truand. Non seulement parce qu’il sait avoir l’appui des amis du défunt. Mais aussi parce qu’il est amoureux de Pia, la nièce de Giu, laquelle est d’accord. Ces deux-là se sont compris depuis longtemps. Dangereux défi face à un truand qui, malgré sa santé, se sent très puissant. Néanmoins, il ne peut rien contre le départ nocturne de sa nièce. Celle-ci trouve refuge auprès de Brigitte-Germaine. Puis elles seront bien accueillies dans le village d’Antoine. L’enterrement de Zé s’annonce mémorable...

 

Les cinéphiles amateurs de polars connaissent peut-être le film de Sergio Gobbi “Pas de panique” (1965). Dialogué par Gilles Durieux, il était adapté d'un roman d'Yvan Audouard (1914-2004) publié dans la collection Nuits blanches, des éditions Plon. Pierre Brasseur (Giu/Toussaint), Pierre Massimi (Antoine), Alain Barrière (Jo), Roland Lesaffre (François), Gina Manès (Maria), Alexandre Rignault (Zé), Hernando Ramirez (Achille), Davia (Pia), Sylvia Solar, figuraient au générique. La musique était d'Alain Barrière. Film de gangsters, film d'action, mais il est probable qu'on n'y retrouve pas la tonalité d'Yvan Audouard. Car c'est de la pure comédie policière, dans le genre des aventures d’Antoine le vertueux, du même auteur. L’intrigue légère est moins importante que la narration enjouée, avec de belles caricatures de truands. Un roman agréable, souriant, et même captivant jusqu’au bout. Comme il se doit pour un véritable suspense, plein d'humour.